Invité ce jeudi 24 octobre de France Info, Brahim Naït-Balk a indiqué que le Paris Foot Gay, dont il est le président, ne prendra pas part aux Gay Games car il redoute que cet événement participe de la «ghettoïsation» des personnes homosexuelles.

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«Je crois que [les Gay Games] enferment. Le Paris Foot Gay ne participera pas aux Gay Games. Le Paris Foot Gay veut sortir de ça. Le footballeur homo doit absolument être visible dans les structures et les clubs classiques. Je crains que ça nous ghettoïse un peu, ce genre d’événements, il faut en sortir mais en même temps, un sportif homo, s’il veut s’épanouir, il est bien obligé de rejoindre ces associations-là.»

«GAY» MAIS INCLUSIFS
Pourtant, tout comme le Paris Foot Gay, les Gay Games revendiquent le fait d’être ouverts à tou.te.s, sans condition d’orientation sexuelle. «Depuis le début de la candidature de Paris, on est sur le même positionnement, commente Michel Geffroy, co-président de Paris 2018. Ce sont des jeux ouverts à toute la population et pas réservés à certain.e.s. Nous avions cherché à rencontrer Brahim Naït-Balk, mais il n’avait pas voulu nous recevoir car il estimait que le terme de « Gay Games » était trop réducteur.» «Le club s’appelle Paris Foot Gay et ça ne les empêche pas d’être une équipe inclusive, fait remarquer Michaël Bouvard, coordinateur de projets chez SOS homophobie. Les Gay Games, c’est la même chose, il y a une ouverture au-delà du communautarisme.»

«C’est déjà dur d’expliquer au grand public ce que sont les Gay Games, c’est un peu décourageant que certain.e.s les dénaturent, déplore pour sa part Christelle Foucault de la Fédération sportive gaie et lesbienne (FSGL). Non, les Gay Games n’enferment pas, c’est tout le contraire.» Elle a débuté une procédure de droit de réponse auprès de France Info en faisant valoir que Brahim Naït-Balk n’était peut-être pas le meilleur interlocuteur à inviter car le Paris Foot Gay ne reflète pas «la multiplicité des sports et le milieu amateur».

LUTTE CONTRE L’HOMOPHOBIE DANS LE SPORT
L’interview du président du club de foot fut l’occasion d’évoquer la campagne de sensibilisation notamment auprès des professeur.e.s d’EPS que mènera dans quelques semaines SOS homophobie, en partenariat avec le SNEP-FSU (syndicat national des professeur.e.s d’EPS), l’Association nationale des étudiant.e.s en STAPS, la FSGL, la Fédération sportive et gymnique du travail et Fémix Sport. Cette campagne autour du thème «L’homophobie n’a pas sa place dans le sport» débutera par un appel lancé par des personnalités du monde sportif, enseignant, universitaire et politique.

Parallèlement, la députée communiste Marie-George Buffet et d’autres parlementaires de son groupe ont déposé une proposition de résolution à l’Assemblée nationale. Celle-ci préconise une plus forte intervention de l’État dans la lutte contre l’homophobie en milieu sportif, en instaurant des modules de formation dans les centres de formation des clubs et des fédérations, en incitant les fédérations sportives à se montrer aussi sévères à l’encontre de l’homophobie que du racisme et à afficher leur soutien aux athlètes qui voudraient faire leur coming-out.

Via Menilmuche.