Tandis que les rues de Paris voyaient défiler le cortège de l’Existrans ce samedi 19 octobre, des activistes LGBT russes avaient l’intention de manifester dans le cadre de la journée internationale pour la dépathologisation du parcours des trans’ à Moscou. Mais l’actualité les a rattrapé.e.s: quelques jours plus tôt, Dasha Stern, une femme trans’, a mis fin à ses jours après avoir été licenciée de la mairie d’Ekaterinbourg. Ses supérieur.e.s craignaient de tomber sous le coup de la loi interdisant la propagande des orientations sexuelles non traditionnelles. Déjà en proie à des difficultés après avoir été rejetée par sa famille, elle s’est suicidée quelques jours plus tard. Le rassemblement pour la démédicalisation s’est logiquement transformé en hommage à Dasha Stern.

«PREMIÈRE VICTIME»
Des bougies, des portraits de Dasha et des gerbes de fleurs ont été brandies à quelques pas du Kremlin par des activistes, comme le montrent les photos publiées sur RusAdvocat, le site web des avocat.e.s russes spécialistes des droits humains. «Dasha Stern est la première victime des lois anti-LGBT», pouvait-on lire au-dessus d’un portrait de la jeune trans’ de 22 ans. Celle-ci avait souscrit un emprunt pour disposer d’une voiture et d’un logement, mais n’était plus en mesure d’honorer les remboursements après son licenciement. Pour l’activiste Masha Bast, la société russe a délibérément mis en place un système où les trans’ n’ont plus leur place et où les dissident.e.s sont écarté.e.s.

Dans le même temps, une proposition de loi visant à priver les parents LGBT de la garde de leurs enfants a été retirée, a fait savoir l’auteur de ce texte de loi, Alexei Zhuravlev. Non pas parce qu’il aurait changé d’avis, mais parce que des révisions seraient nécessaires. Sa porte-parole a assuré que le texte serait bientôt de nouveau soumis à la Douma. Toutefois, selon une source au sein du Kremlin interrogée par LGBTQNation, c’est en fait l’exécutif russe qui aurait poussé au retrait de cette proposition de loi, du fait de la pression internationale déjà alertée par la loi «anti-propagande». Vladimir Poutine n’aurait pas toléré une telle «négativité» à quelques mois des Jeux olympiques de Sotchi.

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