Un mois avant le début des représentations publiques de La Belle et la Bête au théâtre Mogador à Paris, Yagg a pu assister aux répétitions de la troupe. L’occasion d’interroger comédien.ne.s et membres de l’équipe de production sur l’engouement du public homo pour les comédies musicales. Pour Alexis Loizon, qui incarne Gaston, il s’agit avant tout d’un cliché tellement intériorisé que les gays et les lesbiennes ont fini par se dire «ben oui». Parce que la vie de personnes homosexuelles est parfois un combat quotidien, parce qu’elles sont plus au diapason de leurs émotions et parce qu’elles disposent d’une fibre artistique plus développée et d’un esprit plus «enjoué», elles seraient plus enclines à assister aux représentations de théâtre musical, complètent d’autres.

UN SOUS-TEXTE FRIENDLY
Pour l’équipe de production de La Belle et la Bête, il ne fait aucun doute que cette comédie musicale plaira tout particulièrement aux homos. Alexandre Faitrouni, qui joue Lefou, voit dans son propre personnage, éternelle cible des vacheries du grand et fort Gaston, l’archétype du ou de la jeune LGBT victime d’insultes dans son collège ou au lycée et qui n’ose rien dire. «Tant que vous, vous êtes bien, le reste, on s’en fout», a-t-il confié en guise d’encouragement. Il s’aventure même jusqu’à voir une analogie entre les occupant.e.s du château, dont les esprits ont été enfermés dans des objets, et les trans’ dont le corps ne correspond pas au genre auquel ils et elles s’identifient.

Le directeur général de Stage Entertainment Laurent Bentata voit également en Belle un personnage dans lequel les personnes LGBT peuvent se projeter. Différente du reste des villageois.es, elle mène une vie à part et elle est délibérément mise à l’écart. Elle refuse par ailleurs d’épouser le prétendant tout désigné et d’embrasser la vie de femme au foyer dédiée aux tâches ménagères qu’il propose de lui offrir. «C’est un personnage féministe», n’hésite pas à affirmer Manon Taris qui prête sur scène ses traits à l’héroïne.

Pour la production française de cette pièce jouée dans une vingtaine d’autres pays, le metteur en scène Glenn Casale a cherché à se rapprocher de l’esprit du conte original, mais aussi du film de Jean Cocteau, auquel un hommage a été rendu.

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La comédie musicale reprend les morceaux bien connus du dessin animé, comme C’est la fête

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…Mais aussi des chansons inédites, dont la version française de If I Can’t Love Her et Humains comme avant.

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