En s’appuyant sur le film La Vie d’Adèle, la journaliste Marine Le Breton est revenue sur différents points abordés par la sociologue Natacha Chetcuti dans son livre réédité en septembre Se dire lesbienne. Car la démarche personnelle de l’autodéfinition, mais aussi le coming-out se révèlent assez différents selon que l’on est gay ou lesbienne. Premier constat: les femmes mettent de façon générale plus de temps que les hommes à se déclarer homosexuelles. Le rapport à l’hétérosexualité n’est pas le même dans ce parcours, qui peut prendre trois formes définies par Natacha Chetcuti: le parcours progressif – celui des femmes qui ont vécu une ou plusieurs périodes hétérosexuelles avant l’affirmation de leur homosexualité –, le parcours exclusif – celui des lesbiennes qui n’ont eu aucune expérience hétérosexuelle (celles parfois appelées les «golden» dans le milieu lesbien) – et plus rare, le parcours simultané – celui des femmes qui ont vécu simultanément les deux formes de sexualité.

«Se dire lesbienne, ça commence par « la prise de conscience de la contrainte de la sexualité reproductive ». Le sexe est un acte qui doit se dérouler entre un homme et une femme, il doit mener à la reproduction. Le lesbianisme est rejeté, déqualifié. D’autant plus qu’il est confronté à une norme hétérosexiste qui met le masculin au centre de toutes les attentions. Naît de ces constats une crainte, souvent. Comme Adèle dans le film de Kechiche. « Je ne suis pas conforme aux attentes », « Je suis asexuée », « Quelque chose ne tourne pas rond chez moi ».»

À lire sur le Huffington Post.

Photo Wild Bunch Distribution