Puisque les Roms, comme les LGBT ont fait et font encore l’expérience de l’insulte, de la stigmatisation et de la discrimination, ils/elles sont une trentaine, militant.e.s, écrivain.e.s, sociologues, journalistes (notamment de Yagg), tous et toutes issu.e.s de la communauté LGBT à avoir signé la tribune intitulée Haro sur les roms: ce sera sans nous! publiée sur Mediapart. Un signe de solidarité et un puissant coup de gueule contre la politique du gouvernement de François Hollande, et contre les propos du ministre de l’Intérieur Manuel Valls.

Extraits:

«Depuis longtemps nos sexualités et nos identités de genre ont fait de nous des parias. Si les souffrances des Roms et celles des gays, celles des lesbiennes, et celles des transsexuels, sont irréductibles, nous avons cependant été, comme les Roms, sujets de moqueries, de stigmatisations, et nous avons été montrés du doigt. Comme eux aussi, nous avons été sommés de justifier la couleur de nos vêtements et la longueur de nos cheveux, d’expliquer qui nous étions, où nous nous trouvions, ce que nous y faisions, et avec qui.»

«Qu’on ne vienne pas nous dire que nous serions idéalistes. Nous ne le sommes pas. De quoi est-il question, au juste? De 20000 personnes présentes sur le territoire français, en conformité avec les règles de libre circulation des individus au sein de l’Union européenne. Que cette situation puisse soulever des problèmes ici ou là, nous ne le nions pas. Mais nous contestons absolument qu’il s’agisse d’une confrontation culturelle. Les problèmes roms ont des noms parfaitement connus et nullement originaux: ils s’appellent droit au travail, droit au logement, précarité, stigmatisation, honte et pauvreté. Ce n’est pas nous qui sommes idéalistes, c’est ce gouvernement, son ministre de l’Intérieur, son Premier ministre, et celui qui les a nommés, qui sont racistes.»

«La tentation pourrait être grande, pour beaucoup d’entre nous, gais, lesbiennes, bisexuels, transexuels et transgenres, de nous arrêter, lorsque nous faisons le bilan de ce gouvernement, au mariage pour tous et à l’adoption. Cette étape a constitué une avancée essentielle, qui a couronné le travail mené depuis longtemps par des militants dits « LGBT », et pendant longtemps contre le Parti socialiste lui-même. Mais elle ne saurait nous aveugler sur le reste.»

À lire sur Mediapart.

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