Pour prendre de vitesse sa rivale Anne Hidalgo (PS), Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) a dévoilé hier, jeudi 10 octobre, ses têtes de listes de son parti aux municipales parisiennes. Un casting provisoire en attendant la fin des négociations avec ses allié.e.s de l’UDI. Si l’ancienne ministre de l’Écologie s’est récemment distinguée en félicitant l’équipe de Paris 2018 pour avoir obtenu l’organisation des Gay Games, elle s’est toutefois entourée d’élu.e.s qui se sont opposé.e.s à ce que le Conseil de Paris octroie des subventions afin de soutenir la candidature de la capitale.

UNE DROITE À TROIS TÊTES
Plusieurs tendances –dont la plus lourde franchement hostile aux LGBT– se dégagent parmi les chef.fe.s de file de NKM. Ils sont nombreux à ne pas avoir lésiné dans leur engagement contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et aucun.e des huit maires sortant.e.s n’a célébré de mariage entre deux personnes de même sexe.

Dans le Ier arrondissement, Jean-François Legaret avait appelé les autres élu.e.s à manifester dès le premier défilé de la «Manif pour tous». Député-maire sortant du XVe, Philippe Goujon voulait faire inscrire dans la loi la possibilité pour les maires de ne pas célébrer les unions de couples de même sexe et n’a pas hésité à signer un manifeste initié par Christine Boutin, Christian Vanneste et Jean-Marc Nesme. Tout comme son homologue du XVIe Claude Goasguen, il a voté contre l’ouverture du mariage.

Dans une tribune invitant à donner «la parole aux officiers d’état civil», tou.te.s ont plaidé à l’unisson, avec Jean-Pierre Lecoq (VIe) et Brigitte Kuster (XVIIe). Dans le XXe, Atanase Périfan n’a jamais caché ses sympathies avec la «Manif pour tous», à l’instar de Valérie Montandon qui se présente dans le XIIe et qui s’était prononcée pour «une amélioration du pacs».

Succédant à François Lebel dans le VIIIe arrondissement, Martine Mérigot de Treigny juge «maladroits» les propos homophobes qu’il a tenus dans le journal municipal mais elle refuse de désavouer son mentor, et estime comme lui que le mariage doit demeurer l’union d’un homme et d’une femme.

DES CONTRE-MAIS-PAS-TROP
Chez NKM on trouve aussi des contre-mais-pas-trop, qui semblent tergiverser. Delphine Burkli (IXe), Pierre-Yves Bournazel (XVIIIe) et Vincent Roger (IVe) ont par exemple préféré prendre leurs distances avec François Lebel, sans pour autant s’exprimer en faveur de l’égalité des droits. Bien avant Jean-François CopéRachida Dati (VIIe) réécrivait déjà l’histoire. La maire sortante avait assuré que l’UMP n’a «jamais dit non» au mariage pour tou.te.s. Pour contenter tout le monde, elle a pris quelques semaines plus tard fait et cause pour les opposant.e.s à cette mesure à laquelle l’UMP ne s’est soi-disant jamais opposée.

Hélène Delsol, qui se présente dans le IIe arrondissement, a indiqué sur Twitter qu’elle procèdera au mariage de couples de même sexe car «une loi a été votée». Elle était jusqu’ici considérée comme proche de la «Manif pour tous».

À la marge, Marie-Laure Harel (IIIe) et Déborah Pawlik (Xe) sont en faveur de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Dans une tribune parue dans Libération, la première s’est également dite favorable à la PMA. La seconde n’a pas été aussi volubile et ses convictions ne vont pas aussi loin en termes d’égalité, mais elle a publiquement fait part de son soutien à Aurore Bergé, une militante UMP qui a marché pour que le mariage soit ouvert à tous les couples.

UN NOUVEAU COMING-OUT CÔTÉ PS
Parmi les socialistes, la typologie est moins complexe. Après nos recherches, nous n’avons trouvé aucun.e opposant.e déclaré.e à l’égalité des droits parmi les 20 têtes de liste.  Anne Hidalgo (XVe), la députée Annick Lepetit (XVIIe) et Pierre Aidenbaum (IIIe) ont régulièrement plaidé en faveur de l’égalité des droits ces derniers mois. Quant à Christophe Girard (IVe), Rémi Féraud (Xe), directeur de campagne d’Anne Hidalgo et premier secrétaire de la Fédération PS de Paris, et François Vauglin, qui se présente dans le XIe, ils sont tous trois ouvertement homosexuels.

C’est également le cas du maire sortant du XIXe François Dagnaud. Dans le dossier transmis à la presse par les équipes d’Anne Hidalgo, sa biographie mentionne qu’il est père de deux enfants «en coparentalité». Sollicité par Yagg pour de plus amples précisions, son entourage indique que «la formulation est limpide, qu’il n’a rien à cacher et que ceux qui veulent comprendre comprennent». En cette journée du coming-out, on a tout compris, et on ne peut qu’exhorter d’autres élu.e.s à sortir de l’ombre et à faire de même.

Photos YouTube (Anne Hidalgo) et YouTube (Nathalie Kosciusko-Morizet)