À peine ont-ils été officiellement attribués à Paris que les Gay Games ont subi une salve de critiques attaquant leur «communautarisme». «Il y a une réelle méconnaissance», contre-attaque Michel Geffroy, coprésident de Paris 2018, joint par Yagg.

«Le nom de l’événement fait qu’on se tourne vers cette accusation, mais c’est tout l’inverse. L’idée, c’est que tout le monde, hétéros, gays, lesbiennes, trans’, puisse faire du sport ensemble et qu’on fasse tomber les barrières. Il n’y a pas à remplir de fiche de renseignement sur son orientation sexuelle, il suffit de venir et de faire du sport. Nous n’avons pas le désir de rester entre nous! Les Gay Games sont les Jeux de la tolérance et de l’ouverture et c’est une satisfaction personnelle extraordinaire de les avoir obtenus à Paris. Je suis le coprésident le plus heureux du monde!»

À leur origine en 1982, les Gay Games avaient justement pour ambition de pallier les faiblesses des Jeux olympiques, réservés à une élite en quête de performance et gangrénés par un nationalisme effréné où chaque nation s’efforce de tirer la couverture à elle. Les Gay Games ont cherché à revenir aux fondamentaux, en mettant en avant les valeurs de partage où tou.te.s sont les bienvenu.e.s.

Pour les personnes ayant assisté hier, lundi 7 octobre, à l’annonce des résultats en présence des bénévoles de Paris 2018, cette controverse n’avait de toute façon pas lieu d’être. Lorsque Paris a été désignée pour être l’hôte de ces Xe Gay Games, l’émotion a pris le dessus:

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La ministre des Sports Valérie Fourneyron a notamment rappelé que ces Gay Games ne sont pas réservés à une population spécifique:

«Les Gay Games sont ouverts à toutes et à tous, sans exclusion, sans discrimination. En tant que ministre des Sports, j’ai toujours été profondément convaincue que dans la rencontre sportive, il n’est pas seulement question de performance sportive, mais aussi de respect mutuel, de solidarité, d’ouverture à l’autre et de tolérance. Et je crois que les Gay Games montrent tout cet esprit d’ouverture.»

Fondatrice du BK Paris Softball Club, la réalisatrice Chriss Lag a renchéri en s’adressant à tou.te.s les internautes:

«Vous pouvez venir! On s’en moque de votre nationalité, de votre condition physique, de votre orientation sexuelle… Venez! Il y aura 15000 participant.e.s, 200000 spectateurs/trices, c’est du sport, de la culture, des conférences. C’est génial!»

Dans un communiqué, la mairie de Paris «s’est réjouie» de la décision de la Fédération des Gay Games, qui conforte la capitale dans son ambition d’être «une ville aux valeurs humanistes, universelles, de partage et de liberté». Au nom de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon y est allé de quelques tweets:

Dans un communiqué, il a développé sa pensée au-delà des 140 signes règlementaires:

«Face à deux candidatures de grande qualité (Londres et Limerick), la candidature parisienne a su s’imposer: dynamisme de l’équipe française, attractivité de la région Ile-de-France et qualité des infrastructures sont autant d’éléments qui ont été déterminants. De par son message d’ouverture, d’égalité et d’acceptation de l’autre, les Gay Games offrent la possibilité au pays de se rassembler, au-delà de la communauté LGBT.»

Particulièrement remarquées, les félicitations de la candidate à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet à l’équipe de Paris 2018 ont donné du grain à moudre aux réseaux sociaux. La chef de file UMP a posté ce message:

Mais beaucoup ont relevé que les membres de son parti se sont opposé.e.s à toute subvention pour l’organisation de cet événément. Face à elle, Anne Hidalgo donne elle aussi rendez-vous dans cinq ans.

«Je me réjouis que nous puissions accueillir cet événement international majeur, ouvert à toutes et tous, fédérant des athlètes du monde entier et consacrant les valeurs d’égalité, de solidarité et de tolérance. Paris sera au rendez-vous de ce grand moment sportif et convivial.»

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