Par la voix de son avocat, Chelsea Manning a fait savoir qu’elle était prête à payer le traitement hormonal dont elle souhaite bénéficier durant son incarcération. Cette déclaration est une réponse au porte-parole de la prison de Fort Leavenworth qui avait indiqué lundi 26 août que l’administration pénitentiaire militaire ne fournirait pas à la prisonnière les produits qu’elle réclame.

UNE PEINE CRUELLE ET INHABITUELLE?
Son avocat, maître David Coombs, espère que la prison «fera le nécessaire» pour éviter à l’ancienne militaire de faire appel à la justice pour que ses droits soient reconnus. Dans un éditorial très engagé, les principaux journalistes du New York Times appellent les responsables de l’établissement pénitentiaire à respecter le huitième amendement qui interdit «les peines cruelles ou inhabituelles».

«Plusieurs Cours d’appel fédérales ont indiqué que l’incapacité délibérée d’un État à répondre aux demandes individuelles d’un.e prisonnièr.e transgenre qui aurait besoin d’un traitement médical particulier, comme un traitement hormonal ou une opération chirurgicale, viole l’interdiction « des peines cruelles et inhabituelles » que proclame le huitième amendement. Après un jugement rendu en 2011, le Bureau fédéral des prisons a commencé à rendre disponible pour tou.te.s les prisonnièr.e.s transgenres les thérapies médicales hormonales nécessaires, y compris pour ceux/celles qui n’avaient pas été diagnostiqué.e.s et avaient commencé le traitement avant leur incarcération.»

Le quotidien appelle par ailleurs l’établissement pénitentiaire à ne pas isoler Chelsea Manning «de façon excessive» des autres prisonniers de la prison. D’après maître David Coombs, elle ne s’oppose pas au fait d’être enfermée avec d’autres hommes et ne compte pas recourir à une opération chirurgicale pour le moment. Condamnée à 35 ans de prison, elle pourrait être libérée au plus tôt en 2020.

Photo CBSNews