Il reste encore quelques mois avant les Jeux Olympiques de Sotchi. Petit-à-petit, les athlètes qui participeront à la compétition font connaître leurs positions quant à la loi homophobe russe, mais aussi sur la question d’un éventuel boycott, ou encore sur leur engagement (ou non) sur les questions de droits humains. Certain.e.s ont veulent jouer un rôle, d’autres estiment que cela ne les concerne pas. Tour d’horizon des dernières réactions en date.

AIDONS BLAKE SKJELLERUP A ALLER A SOTCHI
Du soutien, le patineur de vitesse néo-zélandais Blake Skjellerup va en avoir besoin dès maintenant, s’il veut avoir une chance d’être sur la glace de Sotchi. Ne pouvant pas compter sur un sponsor pour financer son voyage et celui de son entraîneur, le sportif fait appel à la générosité de ses supporters/trices. Pour le voir peut-être décrocher une médaille, mais aussi parce que ce patineur ouvertement gay est très déterminé à agir lors des Jeux pour parler haut et fort des droits des LGBT russes, chacun.e peut donc apporter sa contribution. Un engagement que les LGBT du monde entier devront suivre de près.

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UN BADGE ARC-EN-CIEL POUR BELLE BROCKHOFF
La jeune snowboardeuse australienne Belle Brockhoff est la première à avoir fait son coming-out à l’approche des Jeux. Un geste fort, même si la jeune femme n’est pas forcément à l’aise à l’idée de se rendre en Russie:

«J’ai le sentiment que je vais devoir retourner dans le placard un petit peu, car je ne veux pas craindre pour ma sécurité, ou être arrêtée ou expulsée. Ce que je veux, c’est vivre mon rêve et devenir championne olympique», a-t-elle déclaré dans une interview sur la chaîne australienne ABC.

Néanmoins, la sportive a fait savoir qu’elle serait sans doute prête à montrer sa solidarité avec les LGBT russes, si elle est sélectionnée pour les Jeux: «Peut-être avec quelque chose comme un badge.»

«DUR D’ALLER DANS UN PAYS QUI SOUTIENT ÇA»
A Calgary, lors du camp d’orientation de l’équipe olympique canadienne, trois joueurs se sont formellement exprimés au sujet de la loi homophobe de Vladimir Poutine. «C’est dur d’aller dans un pays qui soutient ce genre de choses, a déploré Braden Holtby. Pour lui, pas question de boycotter les Jeux: «Cela causerait plus de problèmes que ça n’en résoudrait. Et je crois que c’est une opportunité pour les athlètes de se rassembler et de soutenir une cause, en laquelle, je pense, nous croyons. Et je pense que nous pouvons accomplir de bonnes choses.» Plus mesuré, son coéquipier Sidney Crosby a affirmé que, même s’il désapprouvait cette loi discriminante, il respectait les différences de points de vue à ce sujet. Enfin, le hockeyeur Dan Boyle a lui aussi critiqué sans détour la loi russe: «Je ne suis pas d’accord. C’est comme ça. Je crois que gay ou pas, ça ne devrait rien changer.»

RESTONS POLI.E.S AVEC LA RUSSIE
Mais tous les athlètes ne l’entendent pas de cette oreille. Il faudra donc compter sans le soutien du patineur américain Jeremy Abbott, qui s’est montré très critique vis-à-vis des récentes prises de positions: «

La Russie nous accueille. Je ne vais pas arriver chez quelqu’un et dire « Hum, la façon dont tu as fait la décoration est hideuse, et il faut que tu refasses tout entièrement ou je ne reviendrai jamais. » C’est un peu malpoli. Alors je ne veux rien dire de méchant à propos d’un pays qui va accueillir le monde entier. Peut-être que je ne suis pas d’accord avec leur politique, et peut-être que je désapprouve certaines choses, mais c’est à eux de régler ça. Le fait de le dénoncer me ferait passer pour un connard.»

Même esprit chez un autre patineur, Josh Farris:

«J’ai mes opinions pour moi. Je ne veux pas provoquer. J’ai pris la décision de ne pas m’exprimer.»

Des positions qui tranchent avec l’engagement notoire d’un autre patineur artistique américain, Johnny Weir.

«ON VIT DANS UN MONDE LIBRE»
D’autres en revanche ne voient pas où est le problème. A l’image du hockeyeur russe Ilya Kovalchuk, ancien joueur des Devils du New Jersey, qui vient de rejoindre l’équipe de Saint-Pétersbourg. Ce dernier a en effet fait part de son soutien à la loi interdisant la «promotion des relations sexuelles non traditionnelles»:

«Je l’approuve, évidemment. Je suis russe et nous devons tous respecter cela. C’est à titre personnel, et comme je l’ai dit, on vit dans un monde libre, mais c’est notre position. C’est notre pays, alors tout le monde doit respecter ça.»

Un autre joueur russe Alexander Ovechkin s’est quant à lui montré moins bavard. Questionné à ce sujet, il a préféré couper court:

«Notre boulot, c’est de jouer. Je préférerais qu’on parle de ça.»

Photos Blake Skjellerup / Belle Brockhoff (Capture) / Jeremy Abbott (Capture)