Dans une lettre envoyée hier, jeudi 22 août, au Comité international olympique (CIO), le vice-premier ministre russe chargé des Jeux olympiques de Sotchi en 2014 Dmitry Kozak (photo) s’est évertué à rassurer l’organisation sur les intentions de la Russie quant à l’application de la loi «anti-propagande gay» durant l’événement sportif.

«CHACUN.E SERA ACCUEILLI.E»
«La Fédération de Russie garantit l’accomplissement de toutes ses obligations envers le CIO», peut-on lire dans cette lettre, rapporte l’agence Associated Press. La Charte du CIO prohibant toute forme de discrimination, cela peut passer pour une bonne chose. Le président de l’organisation olympique, Jacques Rogge, s’en est d’ailleurs réjoui en indiquant dans un communiqué que le CIO dispose désormais de «fortes assurances écrites du gouvernement russe sur le fait que chacun.e sera accueilli.e aux jeux de Sotchi sans que soit prise en compte l’orientation sexuelle». Dmitry Kozak a précisé dans son courrier que «les exigences [de la loi anti-propagande] n’entraînent aucune restriction pour les participant.e.s et les spectateurs/trices des Jeux Olympiques d’Hiver de Sotchi quant à leur droit légal de résider sur le territoire de la Fédération de Russie ou d’assister à tout événement stipulé dans le programme des Jeux».

Les inquiétudes soulevées jusqu’ici n’ont toutefois rien à voir avec ces questions. Le vice-premier ministre russe n’apporte dans sa lettre aucune garantie quant au sort des personnes qui feraient, délibérément ou à leur insu, de la «propagande». Deux personnes de même sexe pourront-elles s’embrasser, se donner la main ou se dire des mots doux en public? Sera-t-il possible de montrer son soutien aux LGBT russes au moyen d’un drapeau arc-en-ciel ou d’un badge? Dmitry Kozak ne répond pas à ces interrogations. Mais il assure avec fermeté que la loi «anti-propagande» sera bel et bien appliquée, d’autant plus qu’aux yeux du gouvernement russe, elle n’est en rien discriminatoire et ne viole donc ni la Charte olympique, ni les engagements internationaux de la Russie. «Cette législation s’applique de façon égale à toute personne, peu importe sa race, sa religion, son genre, ou son orientation sexuelle, et ne peut être regardée comme une discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, explique-t-il dans sa lettre. Elle restreint les informations qui promeuvent les relations sexuelles non-traditionnelles devant des enfants.» Bienvenue, donc, mais bouche cousue.

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