En février dernier, l’histoire dramatique de Kaitlyn «Kate» Hunt attirait l’attention des médias américains. En dernière année de lycée, cette jeune fille de tout juste 18 ans était arrêtée par la police, en raison d’une plainte déposée par les parents de sa petite amie, âgée de 14 ans. Dans l’Etat de Floride, les relations sexuelles entre un.e mineur.e et une personne majeure sont interdites et punies par la loi. Si la relation des deux adolescentes étaient consenties, les parents de la plus jeune étaient semble-t-il convaincus que celle-ci était devenue lesbienne à cause de Kate. Dès lors, une mobilisation s’était organisée afin de soutenir la jeune fille qui risquait alors quinze ans de prison et dénoncer les conséquences dramatiques d’une loi sensée protéger les enfants des prédateurs sexuels.

20000 SMS ET DES PHOTOS EXPLICITES
Mais aujourd’hui l’affaire vient de prendre une tournure inattendue. L’avocat de l’accusation Chuck Sullivan a demandé à ce que la libération sous caution de Kate Hunt soit révoquée, en raison de son comportement. Kate Hunt aurait violé les termes de sa liberté sous caution. En effet, elle aurait communiqué avec son ex-petite amie, considérée comme la victime, quasi quotidiennement depuis le 1er mars. Elle s’était pourtant engagée à ne plus entrer en contact avec elle, suite à sa libération Mais pas moins de 20 000 SMS auraient été envoyés en quelques mois, dont certains comprenant des photos et des vidéos explicites de la jeune fille. Elles se seraient même vues en secret à plusieurs reprises.

DE NOUVEAUX CHEFS D’ACCUSATION
Lundi, Kate Hunt a été incarcérée dans la prison de l’Indian River County. Elle est apparue mardi lors de l’audience, manifestement très éprouvée et vêtue de l’uniforme orange, portant des menottes aux poignets et aux chevilles. Désormais deux chefs d’accusation pèsent contre elle pour voies de faits obscènes («lewd and lasvicious battery» selon le droit de l’Etat de Floride). Un troisième chef d’accusation pour transmission de données nocives par un appareil électronique sera examiné le mois prochain. En février, l’accusation avait proposé un marché à Kate Hunt afin de lui éviter d’être enregistrée comme délinquante sexuelle, si elle plaidait coupable aux charges minimales d’abus sur mineur. La peine aurait été réduite à deux ans dans une maison d’arrêt, suivi d’un an de probation. Désormais, cet accord risque de ne plus tenir.

«ELLE N’A FAIT QU’EMPIRER LES CHOSES»
Le père de Kate a rendu publique une lettre de l’avocate de sa fille:

«Si cette affaire avait été considérée convenablement dès le départ pour ce qu’elle est réellement, nous ne serions pas dans cette situation aujourd’hui – c’est à dire avec deux vies dévastées et deux familles dévastées.»

L’avocate Julia Graves se penche aussi sur le situation de la petite amie de Kate:

«Nous sommes dans cette situation où deux adolescentes qui étaient à l’école ensemble et étaient dans une relation consentie. Oui, elle tombait sous le coup de la loi, mais consentie néanmoins. Elle s’est terminée de façon abrupte, et la jeune adulte risque trente ans de prison. La plus jeune ne peut saisir la gravité de l’affaire car elle était consentante. Son avis est ignoré par l’Etat, elle est interrogée au département du shériff, emmenée à l’Eglise, on lui jette la Bible, ses affaires ont été empaquetées et emportées, ses parents l’ont apparemment frappée, et lui ont crié dessus pour avoir menti en présence du détective Shepherd lors d’un interrogatoire à son école. Comment ne pourrait-elle pas être perdue, effrayée, avec le sentiment que ceci est de sa faute et que personne ne l’écoute? Elle a essayé de parler à la mère de Kaitlyn qui ne veut pas l’écouter. Alors elle s’est tournée vers la seule personne qui pouvait la comprendre, une personne qu’elle ne veut pas voir blessée, Kaitlyn. Elle veut tenter de la sauver et en le faisant, elle n’a fait qu’empirer les choses.»

Une pétition soutenue par la romancière Anne Rice et l’actrice Evan Rachel Wood est toujours en ligne.

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