Arrivé en 2003 à la tête de l’archevêché de Cantorbéry et de l’Église anglicane, Rowan Williams a quelque peu déçu les attentes de certain.e.s fidèles et membres du clergé qui attendaient de lui plus d’audace et d’ouverture à l’égard des personnes LGBT. Plutôt libéral avant sa prise de fonction, il a changé d’orientation pendant son mandat car la communauté anglicane était au bord du schisme après que l’évêque homosexuel Gene Robinson a été ordonné et qu’une proposition de bénédiction pour les couples de même sexe a été avancée. Rowan Williams s’est rapproché des voix plus conservatrices afin d’éviter une éventuelle rupture au sein de l’église.

Mais cela s’est peut-être fait au détriment des personnes LGBT, comme il le reconnaît aujourd’hui, un peu moins d’un an après la fin de son mandat. Interrogé sur la déception qu’il a provoquée parmi les fidèles qui voulaient une église plus inclusive, il a répondu:

«Je sais que beaucoup de mes ami.e.s gays et lesbiennes vous diraient que je les ai déçu.e.s. La meilleure chose que je puisse dire, c’est que c’est une question que je me pose moi-même très souvent et je ne connais pas vraiment la réponse.»

Il invite par ailleurs les chrétien.ne.s d’Occident à «grandir» et à ne pas se sentir «persécutés» juste parce que la société connaît quelques évolutions: «Quand vous avez été en contact avec des minorités véritablement persécutées, vous apprenez à utiliser ce mot très modérément.» À lire sur The Guardian (en anglais).