En dépit de ses dénégations et de celles de ses avocat.e.s, le pasteur américain Scott Lively sera jugé par un tribunal fédéral pour crimes contre l’humanité, a décidé le juge Michael Ponsor. Les États-Unis autorisent les personnes non-américaines à porter plainte devant les tribunaux du pays si un.e citoyen.ne américain.e enfreint des conventions ou des traités. L’association Sexual Minorities in Uganda (SMUG) a fait usage de cette règlementation pour assigner en justice le pasteur évangélique, un des «cerveaux» de la loi «anti-gay» qui permettrait la mise à mort des personnes LGBT en Ouganda. Scott Lively avait tenté de faire annuler le procès avant même qu’il ait lieu, mais la justice en a décidé autrement.

CRIME CONTRE L’HUMANITÉ
«La persécution systématique et généralisée des personnes LGBTI constitue un crime contre l’humanité qui viole incontestablement les normes internationales», a indiqué le juge Michael Ponsor. Le pasteur devra donc répondre de son implication dans le processus d’élaboration des législations homophobes en Ouganda et des propos publics qu’il y a tenus devant les foules. En 2009, il avait pris la parole lors d’un séminaire destiné à lever le voile sur «le complot gay». Il y a alors fièrement assimilé l’homosexualité à la pédophilie en assurant que les personnes LGBT n’ont pas leur place parmi les Africain.e.s car ils/elles n’appartiendraient pas à cette culture. Auteur d’un ouvrage où il prétend que la Shoah est l’œuvre d’homosexuel.le.s, il décrit le drapeau arc-en-ciel comme un signe de la fin des temps… Sur son blog, il  assure en outre que la «théologie gay», tout comme «l’évolution, le communisme et le pluralisme religieux» sont autant de démonstrations de l’œuvre de Satan et mentionnant que Barack Obama est dépeint par certain.e.s comme étant l’Antéchrist. Scott Lively s’attribue aussi en partie la responsabilité de la loi contre la «propagande gay» en Russie.

Il n’hésite pas à s’y présenter en victime des «libéraux occidentaux» prompts à ruiner sa réputation plutôt qu’à «nourrir des Africain.e.s affamé.e.s». Malgré les nombreux articles et reportages faisant état de violences à l’encontre des personnes LGBT, il minore ces actes, ne les évoquant qu’entre parenthèses comme des «incidents relativement mineurs, soi-disant rapportés par les “victimes”». À l’œuvre en Moldavie, en Lettonie et en Russie où il a prêché dans une cinquantaine de villes contre la «propagande gay» en 2007, Scott Lively se défend en avançant que la loi ougandaise visant les homosexuel.le.s n’a finalement toujours pas été votée et qu’il n’a jamais publiquement soutenu la peine de mort pour les LGBT. Il félicite toutefois l’Ouganda d’avoir «essayé de se protéger contre les problèmes liés à l’homosexualité qui ont entraîné tant de dégâts dans d’autres pays, notamment aux États-Unis».

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Via Gay Star News.