[mise à jour, 15h] Précisions sur la plainte du Comité Idaho France

Dans un communiqué de presse conjoint émis hier, lundi 12 août, les ministres Najat Vallaud-Belkacem et Fleur Pellerin ont condamné «fermement les propos homophobes émis par des utilisateurs du réseau social Twitter». Ce week-end, les hashtags «Les gays doivent disparaître car…» et «Brûlons les gays sur du» figuraient parmi les mots-clés les plus en vogue sur le réseau social. «Ces actes ou propos sont réprimés par la loi et le canal virtuel qu’ils ont emprunté ne rend pas moins punissables ceux qui les commettent», rappellent les ministres des Droits des femmes et de l’Économie numérique.

PARTENARIAT AVEC SOS HOMOPHOBIE
Il y a quelques mois, d’autres tweets homophobes avaient suscité l’attention du gouvernement qui avait alors réuni Twitter et des associations de défense des droits des personnes LGBT pour qu’une lutte active soit menée contre de tels débordements. «Un partenariat a été constitué entre Twitter et SOS homophobie qui permet à cette dernière de signaler des tweets illicites et d’obtenir leur suppression par une procédure prioritaire. Cette procédure a été mise en œuvre au cours des derniers jours et doit désormais donner des résultats effectifs», espèrent les ministres. «Sur le papier, c’est à peu près satisfaisant, mais la mise en œuvre laisse un peu à désirer», tempère Elisabeth Ronzier, présidente de SOS homophobie. L’association peut faire afficher automatiquement des rappels à la loi et signaler à Twitter les messages susceptibles d’encourir des poursuites. Ceux-ci sont alors traités plus rapidement que les autres signalements. «Mais ils n’en suppriment quasiment aucun, déplore Elisabeth Ronzier, et les rares fois où les tweets disparaissent, ils ne sont pas vraiment supprimés, ils sont juste rendus inaccessibles depuis Twitter France.» Quand l’association tire la sonnette d’alarme sur un hashtag, celui-ci est en principe désindexé. Mais ce week-end, la personne qui devait s’en occuper du côté de Twitter était en congés, confie la présidente de SOS homophobie. «On attend la rentrée pour améliorer les procédures», indique-t-elle.

PLAINTE DU COMITÉ IDAHO
Le Comité Idaho France a porté plainte contre Twitter ce mardi 13 août pour délit de provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence, assure son président Alexandre Marcel. «Nous, nous voulons la suppression totale de chaque tweet pénalement répréhensible», soutient-il. Il estime que les résultats obtenus par l’Union des étudiants juifs de France qui avait obligé Twitter à divulguer l’identité d’utilisateurs/trices à l’origine de tweets antisémites, ne va pas assez loin: «Si vous allez sur Twitter et que vous tapez “un bon juif”, tous les messages y sont encore. Twitter dénonce l’antisémitisme mais ne fait rien.» Le Comité Idaho France n’écarte pas la possibilité d’intenter une action judiciaire aux États-Unis contre le réseau social qui s’abrite derrière la législation américaine sur la liberté d’expression. «Le deuxième amendement ne permet pas l’incitation à la haine et à la violence», rétorque Alexandre Marcel. Il a également l’intention de poursuivre en justice les personnes dont les propos homophobes étaient «les plus virulents». «Il faut qu’il y ait des exemples», juge-t-il.