Vladimir Poutine répondra-t-il à Jean-Luc Romero, comme David Cameron l’a fait en réponse à la lettre ouverte de Stephen Fry? On peut en douter, mais la lettre écrite par le conseiller régional d’Ile-de-France et président du Crips au président russe vaut quand même la lecture. L’élu y fait part, lui aussi, de sa colère et de sa détermination face à la politique homophobe du gouvernement russe.

«Votre rôle, en tant que chef de l’État, ne serait-il pas plutôt de faire évoluer la société plutôt que la figer dans des certitudes qui sont bien plus des manifestations d’ignorance que de réels avis? Car, c’est bel et bien de l’ignorance que naît le préjugé et la stigmatisation. Ce qu’il faudrait c’est une politique d’éducation ambitieuse basée sur la connaissance et non sur l’endoctrinement, fondée sur l’apprentissage de l’Autre et non son rejet systématique. (…)

«Dès que l’on parle de la Russie, cette grande puissance économique avec tant de ressources naturelles, beaucoup hésitent à s’opposer; certaines voix, habituellement fortes, deviennent subitement assez fluettes quand est évoqué le dossier russe… Manifestement, le climat russe favorise les extinctions de voix! Mais ces gens-là ont tort. Tout comme vous. Tort, parce que la Fédération de Russie fait partie du Conseil de l’Europe, organisme qui a pour but, rappelez-vous, de défendre les droits de l’Homme, la démocratie et l’État de Droit. Vastes thématiques qui trouvent un terrain d’action fort intéressant au sein de la Fédération de Russie, maintes fois condamnée dans ce cadre. Aujourd’hui, le Conseil de l’Europe doit prendre ses responsabilités et, réellement et sans ambages ou ronds de jambe, taper du poing sur la table. Ce n’est même pas une question de légitimité mais bien plus de survie! Car nous voyons bien finalement où vous voulez en venir. (…)

«Nous devons vous faire entendre raison. Nous devons vous faire plier, car il ne peut être envisageable qu’en 2014, les Jeux olympiques aient lieu dans un pays qui ne respecte pas les droits humains. Déjà, des chefs d’État comme le président Obama se font entendre. Le CIO devra aussi prendre ses responsabilités et ne pas se contenter de vagues déclarations humanistes.

«Monsieur le président, c’est l’honneur des hommes d’État de reconnaître leurs erreurs. Il est encore temps de revenir sur votre politique homophobe. Vous qui avez une si haute idée de votre pays et de sa grande histoire, ne soyez donc pas le chef de l’État qui fera retourner la Russie dans l’obscurantisme des pays liberticides et autoritaires.»

À lire sur le Huffington Post

Photo Kenji-Baptiste OIKAWA