Présente en Russie pour soutenir les athlètes français.es qui participent aux championnats du monde d’athlétisme, la ministre des Sports Valérie Fourneyron y a rencontré son homologue, Vitaly Mutko. Elle a évoqué avec lui la loi qui interdit la «propagande» des sexualités non-traditionnelles devant des mineur.e.s. Yagg a joint la ministre à l’issue de cet entretien.

Que retenez-vous de cette rencontre avec Vitaly Mutko, le ministre des Sports russe? Je lui ai fait part des préoccupations de la France au sujet de cette loi qui remet en cause la liberté d’expression, que l’on soit LGBT ou pas. Les autorités russes doivent respecter leurs engagements internationaux et européens, dont la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. J’ai dit au ministre russe que le gouvernement français est inquiet devant les orientations de la politique russe, aussi bien concernant cette loi que celle sur les ONG qui oblige les membres de ces organisations à se faire inscrire sur un registre dédié aux «agents de l’étranger».

Une concertation est-elle prévue avec d’autres pays? La France peut-elle envisager de boycotter ces Jeux ou demander leur déplacement? Nous sommes tous attentifs et mobilisés pour que nos préoccupations soient prises en compte par la Russie. À l’occasion des Jeux de Sotchi, tous les regards vont être tournés vers ce pays.

L’ensemble des gouvernements pèsera de tout son poids pour qu’aucune discrimination n’affecte les Jeux, mais aussi pour qu’à l’avenir, la Russie respecte ses engagements et n’effectue plus de discrimination.

La diplomatie du sport doit être utilisée pour agir sur les évolutions des derniers mois. Mais nous n’appelons pas à boycotter les J.O. de Sotchi, ce serait prématuré.

Vous soutenez la tenue des Gay Games à Paris en 2018. Est-ce compatible avec la participation aux Jeux de Sotchi? Je serai à Cleveland en octobre pour l’annonce de la ville lauréate des Gay Games de 2018. Ce sera pour moi l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas de place pour le racisme, le sexisme, l’homophobie ni aucune autre sorte de discrimination dans le sport. Ce sera une grande fierté de les accueillir.

La Russie a refusé qu’une Pride House s’implante sur son territoire pendant la compétition. Pourrait-il y en avoir une au sein du Club France? C’est encore prématuré. Nous croyons fermement que nous pouvons faire évoluer la Russie d’ici Sotchi. Il n’y a pas de rupture du dialogue et nous voulons utiliser cette occasion pour obtenir des avancées.

Ces avancées pourraient-elles bénéficier aux citoyen.ne.s russes à terme? Le ministre des Sports russe m’a donné des garanties pour les compétitions sportives, même si j’aurais souhaité élargir le sujet à l’ensemble des citoyens russes.

Photo Xavier Héraud