Pour David Michael Barrett, producteur et auteur du film Such Good People, il s’agit avant tout de raconter une histoire «enracinée dans la réalité» mais digne des grands classiques des films des années 40 où irradiaient Cary Grant et Katharine Hepburn. Une ambition qui n’a pas vraiment reçu les faveurs des majors du cinéma américain. «Ils veulent juste trouver de nouveaux super-héros, déplore le producteur. Nous, nous voulions faire une histoire sur des gens.»

HOMOSEXUALITÉ ANECDOTIQUE
Une histoire extraordinaire qui arrive à des gens ordinaires: le couple formé par Richard Nearly et Alex Reardon garde la maison de riches amis partis en vacances, lorsqu’il tombe sur une pièce secrète où sommeille un million de dollars en espèces. Les choses s’enveniment lorsque les deux hommes apprennent la mort de leurs amis à l’étranger. Ces gens d’ordinaire si bons sont peu à peu «séduits par l’argent» et deviennent envieux et jaloux. Le fait qu’il s’agisse d’un couple d’hommes donne une certaine teinte à cette comédie, mais David Michael Barrett a tenu à ce que l’homosexualité des personnages demeure anecdotique. «Ce n’est pas un film sur le fait qu’ils sont gays. Les personnages ne sont pas définis par leur sexualité et il aurait presque pu être question d’un couple hétérosexuel. Ils ont dépassé l’étape du coming-out et de l’acceptation. Là, pour eux, comme pour tous les couples, se pose la question: “Ils vécurent heureux, oui… Mais comment?” Ils veulent une maison, une famille, du succès, mais comment y parvenir?»

CONTRIBUTIONS
Le film interroge notamment le rapport à l’argent. «J’ai écrit ce film parce que tout semble si cher à Los Angeles et je ne sais pas comment les gens font pour trouver tout cet argent», explique David Michael Barrett. Pour financer Such Good People, il s’est d’ailleurs tourné vers le crowdfunding. Via la plateforme Indiegogo, les internautes contribuent financièrement à la postproduction du film et reçoivent en échange des cadeaux divers suivant le montant de leur don. Il reste une dizaine de jours avant la fin de l’appel à dons. Pour l’auteur du film, l’engouement manifesté sur les réseaux sociaux alors même que l’œuvre n’a pas encore été diffusée témoigne d’une forte attente du public. Il rêve d’un succès populaire et critique qu’ont connu d’autres films indépendants comme Little Miss Sunshine, Juno ou encore Tout va bien! The Kids Are All Right.

CASTING
Le casting plutôt gay-friendly du film pourrait aider. On retrouve dans les premiers rôles Michael Urie, le fantasque assistant de Wilhelmina Slater (Vanessa Williams) dans la série Ugly Betty, et Randy Harrison, le très fleur bleue Justin Taylor de la version américaine de Queer As Folk. Scott Wolf, repéré dans La Vie à cinq, donne la réplique à Ana Ortiz, elle aussi aperçue dans Ugly Betty. Lance Bass qui a chanté avec Justin Timberlake dans le boys-band ‘N Sync, y côtoie Tom Lenk, surtout connu pour son passage dans Buffy contre les vampires et Drew Droege, déjà vu dans Eating Out. Le résultat est époustouflant, promet David Michael Barrett, qui se félicite de l’alchimie entre les personnages mais aussi de la rapidité avec laquelle les comédien.ne.s ont travaillé.

Si les fonds nécessaires sont rapidement réunis, le film pourrait être présenté dans les festivals à partir de la fin de l’année et sortirait en salles un an plus tard.

Photo Such Good Productions

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