Une source anonyme au ZANU-PF, parti de Robert Mugabe, a déclaré hier mercredi 31 juillet la victoire de son chef aux élections présidentielles du Zimbabwe, dès le premier tour. Ce avant même la déclaration officielle légale et malgré les nombreuses accusations de fraude. Après 33 ans de règne, le despote de 89 ans n’est pas encore prêt à abandonner son «trône». Une présidence marquée par une forte homophobie dans un pays où les LGBT risquent la prison. La sodomie y est un délit et définie de façon extrêmement large comme «toute attitude entre deux hommes qui pourrait apparaître comme indécente». Les déclarations du président sortant au cours de la campagne présidentielle indique que la situation n’est pas près d’évoluer.

DES DISCOURS HOMOPHOBES À RÉPÉTITION
Vendredi 26 juillet, lors d’un meeting dans le centre du pays, il a affirmé que «l’homosexualité est une abomination» et que «les hommes qui participent à ce genre de pratique mériteraient d’être castrés». La suite du discours est du même acabit, l’homme fort du pays y a notamment dit que «si cela ne tenait qu’à [lui, il s’assurerait] qu’ils aillent tout droit en enfer pour y pourrir».

Les petites phrases de ce type se sont multipliées ces dernières semaines. Elles font sans doute partie d’une stratégie électorale pour séduire les électeurs homophobes, nombreux dans le pays. Mais il s’agit aussi d’une constante chez Robert Mugabe, amateur de charges extrêmement violentes contres l’homosexualité. En 2011, le président a qualifié les homosexuel.le.s de «pire que les porcs et les chiens» et l’homosexualité de «condamnée par les insectes». Des métaphores déjà utilisées les années précédentes, notamment pour manifester son refus ferme d’inclure la protection des droits des personnes LGBT dans la nouvelle constitution du pays votée en mars dernier. Lors du début des négociations sur la constitution en 2010, le dictateur considérait que «les personnes qui ont des comportements homosexuels sont juste folles. Ça n’est que folie, insanité. Nous ne pouvons pas faire cela ou les morts se retourneront dans leur tombe. En faisant cela vous détruisez la nation».

Mais le Zimbabwe n’est pas à un paradoxe près. Une des plus anciennes et importantes associations LGBT du continent est née au Zimbabwe, le Galz (Gays and Lesbians of Zimbabwe), déjà très active dans les années 90. À l’occasion de ces élections, le Galz fait une analyse de la situation des LGBT: «En 1996, l’État pourchassait les gays et les lesbiennes. Aujourd’hui, ce qui a changé c’est que les gays et les lesbiennes ne sont plus une cible directe, mais sont instrumentalisé.e.s. La cible principale est le MDC [le parti d’opposition].» Alors que le Galz poursuit son combat contre l’homophobie et les discriminations, il y a eu peu d’espoir que la situation évolue favorablement avec Robert Mugabe au pouvoir.

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