Dmitriy Chunosov et Yaroslav Evtushenko forment l’un des cinq couples homos – trois couples gays, deux couples lesbiens – qui ont demandé à être mariés vendredi 28 juin, à Saint-Pétersbourg, en Russie, deux jours après l’adoption par le Parlement russe de la loi visant à criminaliser la «propagande des relations sexuelles non-traditionnelles» auprès des mineur.e.s, qui, en clair, interdit de parler de façon positive de l’homosexualité à des mineur.e.s.

Le reportage du site Grani.Ru:

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Dmitriy et Yaroslav, comme les quatre autres couples, comptent aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour obtenir gain de cause, comme l’ont fait avant eux Irina Fet et Irina Shipitko, dont le dossier est toujours en attente devant la CEDH (voir notre interview).

SYMBOLE DE LA LUTTE CONTRE L’OPPRESSION
Si les deux Irina avaient pu se rendre à Toronto et s’y marier, les deux hommes, eux aussi représentés par l’avocat et militant Nicolai Alekseev, ont prévu de venir en France pour l’Europride, à Marseille. Et espèrent bien pouvoir profiter de ce voyage pour se marier en France, s’ils trouvent un maire qui accepte de les unir. La première à avoir été sollicitée est Hélène Mandroux, la maire de Montpellier, très engagée dans le combat pour l’ouverture du mariage et qui a célébré le premier mariage d’un couple homo en France après l’adoption de la loi du 17 mai.

«Ce mariage deviendra le symbole de la lutte contre l’oppression de la communauté LGBT dans la Russie de Poutine, où de nouvelles lois interdisant la soit disant propagande homosexuelle auprès des mineur.e.s et l’adoption d’enfants russes par des couples homos étrangers viennent d’être promulguées par le Président», explique Nikolai Alekseev.

«Ce mariage en France, qui n’a pas été possible en Russie, serait un signal fort pour les autorités russes qu’il leur faut évoluer et, pour paraphraser le Président François Hollande, faire face aux réalités du monde moderne.»

Et d’insister: «En Russie, les homos sont agressé.e.s, assassiné.e.s, on leur met des amendes, on leur refuse leur droit fondamental à la liberté de réunion, d’association et d’expression, ils/elles sont discriminé.e.s et licencié.e.s, insulté.e.s et harcelé.e.s. Avec ce mariage, nous avons l’occasion d’envoyer un message positif à la communauté LGBT russe: l’amour, l’égalité, la justice et la règle de droit finiront par prévaloir jusqu’en Russie.»

NON-LIEU
Samedi 29 juin, la gay pride de Saint Pétersbourg s’était soldée par une soixantaine d’arrestations de participant.e.s. Leur procès se tenait aujourd’hui, jeudi 4 juillet. À leur arrivée au tribunal, ils et elles ont été attaqué.e.s par des nationalistes masqués, qui leur ont notamment jeté des œufs dessus et les ont frappé.e.s. La bonne nouvelle du jour: toutes les charges retenues contre Yury Gavrikov, l’organisateur de la gay pride, ont été rejetées par le tribunal.

Photo DR

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