Les jeunes californien-ne-s LGBT ne pourront plus subir de lavage de cerveau avant leur majorité. C’est pour les protéger que le gouverneur Jerry Brown vient de promulguer une loi interdisant de proposer à des mineur-e-s de modifier leur orientation sexuelle via des sessions de «guérison», rapporte le New York Times. Cela implique notamment les «thérapies» visant à «changer leur attitude ou leur expression de genre, à éliminer ou à réduire leur attraction sexuelle ou romantique et leurs sentiments envers des individus du même sexe».

AUCUN FONDEMENT SCIENTIFIQUE
Pour le gouverneur, ces «thérapies» n’étaient de toute façon basées sur aucun fondement scientifique et elles ont «conduit de jeunes personnes à la dépression et au suicide». La loi promulguée ce week-end prendra effet à compter du 1er janvier 2013. L’Association nationale pour la recherche et la thérapie sur l’homosexualité (Narth), qui rassemble les professionnel-le-s convaincu-e-s que l’on peut changer l’orientation sexuelle d’une personne, a réagi dans un communiqué sur son site internet. Elle se dit «attristée mais pas surprise par cette intrusion législative sans précédent» dans ce qu’elle appelle «la liberté de choix». «Cette législation répressive limite les droits des parents et le droit qu’ont les individus de chercher de l’aide pour une homosexualité non désirée», précise la Narth. «Les histoires anecdotiques de souffrance ne peuvent servir de référence pour interdire un pan entier de soin psychologique», ajoute Christopher Rosik, le président de cette organisation.

«LA BATAILLE JURIDIQUE COMMENCE!»
D’après les praticien-ne-s de cette institution, l’homosexualité est souvent causée par des agressions sexuelles survenues au cours de l’enfance. Toutefois, aucune preuve scientifique ne permet de parvenir à une telle affirmation. La Narth reçoit cependant régulièrement le soutien de mouvements religieux conservateurs. Elle envisage aujourd’hui de porter plainte contre l’interdiction d’exercer auprès des mineur-e-s. «La bataille juridique commence!», annonce le site de l’organisation.

Dans le même temps, des législateurs d’autres États, notamment au New Jersey, songent à appliquer cette même interdiction sur leur territoire. En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a fermement condamné ce type de thérapie il y a quelques semaines.

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