On ne compte plus les points de vue homophobes qui s’étalent dans les médias, mais, heureusement, les partisan-e-s de l’égalité des droits prennent aussi la plume, et plutôt deux fois qu’une.

Martine Gross, ingénieure de recherche en sciences sociales au CEIFR (CNRS) et présidente d’honneur de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), a ainsi publié lundi, sur le site du Monde, un texte intitulé «S’habituer à l’homoparentalité», dans lequel elle fait le point sur les travaux scientifiques effectués sur le sujet, et sur la spécificité française.

Le lendemain, associée à la sociologue Irène Théry, la politologue Jennifer Merchant et la juriste Laurence Brunet, elle a signé une autre tribune, «Filiation: l’impensé du projet Taubira», toujours sur le site du Monde. Les auteures s’inquiètent de ce que le projet de loi sur le mariage et l’homoparentalité ne prévoit pas l’accès à l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux couples lesbiens. «Nous pensons qu’il y a des moments dans l’Histoire où une certaine audace est nécessaire, parce qu’elle a de profondes racines dans l’évolution de la société sur le temps long, et parce que faire le pas est la condition pour énoncer du sens, écrivent-elles. Peut-être même qu’alors, seule l’audace est raisonnable.»

Dans Libération cette fois, c’est au tour de Caroline Mécary de parler filiation, sous le titre «Mariage pour tous, adoption pour tous». L’avocate, spécialiste du droit de la famille et notamment des questions LGBT, réfute un à un, d’un point de vue juridique, «les motifs avancés pour réserver mariage et adoption au couple hétérosexuel». Le code civil n’oblige pas les époux à procréer, rappelle-t-elle. Sur la différence des sexes ou l’intérêt de l’enfant, elle souligne: «il faut cesser de confondre ce qui relève du fait et ce qui relève du droit». Les opposant-e-s à l’égalité «prétendent que l’enfant aurait le «droit» d’avoir un père et une mère, or avoir un père et une mère est un fait, ce ne peut être un droit, insiste-t-elle. Si c’était un droit, l’État devrait imposer au million de femmes élevant seule un enfant, de vivre avec une personne du sexe opposé». Et de le répéter: «En vérité, il n’existe aucun argument rationnel et cohérent qui justifie le maintien de la discrimination légale touchant les enfants actuellement élevés par deux femmes ou deux hommes».