Vendredi 7 septembre, alors que Najat Vallaud-Belkacem petit-déjeunait avec les associations LGBT pour présenter la mission qui lui a été confiée en matière de lutte contre les LGBTphobies, la ministre de la Famille Dominique Bertinotti recevait Yagg, pour un entretien prévu de longue date. Et réalisé, donc, avant la publication de l’interview de Christiane Taubira dans La Croix.

Premier constat: Dominique Bertinotti fait preuve d’une extrême prudence dans ses réponses, qui contraste vivement avec les déclarations de Christiane Taubira au quotidien catholique (lire Mariage et homoparentalité: Cafouillage au gouvernement?). Pas de grandes annonces mais quelques mises au point.

«RIEN N’EST FICELÉ»
À plusieurs reprises, elle précise que les propositions qui seront faites dans le projet de loi sur l’égalité des droits, conformément à l’engagement 31 du candidat François Hollande, seront soumises à l’arbitrage du Premier ministre et du Président de la République. Car – et ce n’est plus une surprise –, contrairement à ce qui a pu être annoncé précédemment, le projet de loi n’est pas prêt. «Rien n’est ficelé», nous a déclaré Dominique Bertinotti, indiquant que le texte serait présenté en Conseil des ministres «fin octobre, début novembre».

Le périmètre de la loi lui-même ne semble pas encore bien défini. Quand Christiane Taubira exclut d’office, et avant la fin des auditions, l’assistance médicale à la procréation (AMP) pour les couples de femmes, Dominique Bertinotti laisse la porte ouverte à la réflexion: «Cela fait partie du débat», dit-elle simplement.

«Je pense que cette loi ne donnera pas satisfaction à 100%, une loi qui donne satisfaction à tous nos concitoyens, ça n’existe pas, souligne la ministre de la Famille. Il faut aussi qu’il y ait des limites qui soient posées. Mais, en même temps, il faut que, au cours de l’élaboration, et puis parce que nous avons ces auditions, nous puissions évoquer tous les sujets qui sont afférents au principe du mariage et au principe de l’adoption.»

«Une loi est faite pour s’ancrer dans la durée, donc il faut qu’elle ait vocation à être suffisamment généraliste pour pouvoir être une bonne loi», estime-t-elle aussi.

Dans la première partie de notre interview, Dominique Bertinotti explique le processus d’élaboration du projet de loi, évoque le périmètre de la loi, la proposition de loi déposée par la sénatrice EELV Esther Benbassa, la présomption de parentalité…:

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La seconde partie de l’entretien porte sur les questions du parent social, de la gestation pour autrui, de l’adoption par les couples pacsés, l’intégration des associations homoparentales dans les associations familiales…:

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