Mercredi 29 août 2012. Je fais une petite pause entre deux visites de demeures royales. Excursion hier à Poissy pour découvrir la Villa Savoye, une des plus belles réalisations de Le Corbusier.

«LES HEURES CLAIRES»
Construite entre 1928 et 1931 pour Pierre Savoye, fondateur de la grande société de courtage en assurances du même nom, cette maison de week-end, que les propriétaires baptisèrent « les heures claires », est souvent présentée comme l’aboutissement des recherches formelles de Le Corbusier, lequel a formulé ses théories en cinq points:

  • 1- Les pilotis: en utilisant les pilotis, Le Corbusier fait de sa création une «boîte en l’air» dont le soubassement se fond dans l’herbe environnante.
  • 2- Les toits jardins: la toiture plate devient terrasse accessible et peut être plantée; le bâtiment se détache nettement sur le ciel par sa ligne horizontale.
  • 3- Le plan libre: grâce au béton armé, la maison est libérée des murs porteurs et séparatifs ; les poteaux portent les planchers et l’agencement du plan est libre ; des cloisons légères suffisent alors à séparer les espaces.
  • 4- La façade libre: les façades étant indépendantes de la structure porteuse, elles se posent librement sur les pilotis ; leur composition est dictée par les vues depuis l’intérieur.
  • 5- La fenêtre en longueur: non porteuses, les façades peuvent être percées largement par de longues fenêtres qui apportent lumière et transparence.

Le Corbusier disait que la maison était «posée sur l’herbe comme un objet, sans rien déranger». La première impression est en effet celle d’une sorte d’OVNI, atterri au milieu d’un pré un peu par hasard. On s’aperçoit toutefois très vite que la maison y est totalement à sa place tant l’harmonie avec l’environnement épouse la perfection.

La visite est très agréable et le soleil éclatant magnifie les jeux de lumière voulus par l’architecte. Quelques touristes japonais assis dans l’herbe face à la maison font des croquis et prennent des photos.

La villa a été plusieurs fois restaurée mais elle est restée dans son jus, avec son mobilier intégré d’origine.

En visitant l’intérieur, je suis surpris par la présence de vilaines caisses en bois et me dit que les ouvriers qui ont fait les travaux de rafraichissement récents auraient quand même pu ranger leurs affaires. En y regardant de plus près, je découvre des étiquettes portant un nom et des intitulés obscurs. Il s’agit de «sculptures». Intrigué par d’affreux grincements et de drôles de cris, je me dirige vers le grand salon et me trouve face une jeune femme torturant un violoncelle (c’est de la «musique») et un barbu illuminé arpentant la pièce à grands pas en beuglant des phrases sans queue ni tête : cette fois j’ai compris, il s’agit de «poésie».

Le silence et la lumière ne suffisaient sans doute pas…. Je me dis que s’il fallait vraiment une ambiance musicale, et bien, il suffisait de se souvenir qu’en 1928, quand les travaux de la villa débutèrent, Ravel, qui aimait lui aussi beaucoup les défis formels, écrivait son Boléro. En voici un extrait, chorégraphié par Béjart.

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Maurice Bejart- Boléro de Ravel

Pour en savoir plus sur la villa Savoye, la fiche Wikipédia consacrée à ce chef-d’œuvre de l’architecture moderne.

En partenariat avec JefOpera.