L’émission s’appelle «Dans le miroir de l’actu» et revient sur les temps forts de l’année écoulée, choisis par une personnalité. Cette semaine, c’est l’avocat et écrivain très médiatique Emmanuel Pierrat qui est au micro de Laurence Peuron. Mardi 24 juillet, il avait choisi de revenir sur les obsèques très people de la diva Whitney Houston, retrouvée morte dans sa piscine le 11 février 2012, à l’âge de 48 ans. Sans détour, il évoque une cérémonie qui a «tourné au spectacle de show-biz» et n’hésite pas à dénoncer ce qu’il nomme un «grand moment d’hypocrisie».

«Il y a eu de grands moments d’hypocrisie formidable, notamment celle qui était présentée comme l’assistante de Whitney Houston et qui était en réalité sa compagne. Il est hors de question, à l’enterrement religieux de Whitney Houston, de dire qu’elle était lesbienne.»

Il poursuit: «La veuve prenait la parole en qualité d’assistante ou secrétaire de Whitney Houston devant les enfants, la famille…».

Sans que la journaliste relève le propos, qui ressemble en tous points à un outing de la star. Ce qui est intéressant aussi dans cette histoire, c’est qu’Emmanuel Pierrat, avocat spécialisé dans la propriété intellectuelle, avait en 2004 défendu en appel le journaliste Alain Royer dans le procès pour outing que lui avait fait Jean-Luc Romero. Un an et demi après le premier jugement, qui avait condamné le journaliste et le magazine em@le pour atteinte à la vie privée, ces derniers perdaient à nouveau en appel.
Dans sa plaidoirie, Emmanuel Pierrat avait demandé de faire évoluer la jurisprudence, «comme l’homosexualité a évolué ».

Selon lui, rappelait E-illico à l’époque, l’homosexualité s’est banalisée au point de devenir un simple fait affiché, comme celui d’«avoir des enfants ou pratiquer telle ou telle religion”. Mais cela n’avait pas convaincu le juge de l’époque. On comprend alors mieux pourquoi Emmanuel Pierrat n’a pas de souci particulier avec le fait de outer une personnalité, même à titre posthume. Déjà, à la mort de Whitney Houston, l’activiste britannique Peter Thatchell avait rendu hommage à la star, tout en l’outant.