Le chanteur britannique gay Elton John a fait une intervention remarquée lors de la conférence mondiale sur le sida, lundi 23 juillet. Il a raconté aux congressistes l’histoire de sa descente dans l’enfer de la cocaïne, d’abord à la troisième personne: «Ce jeune homme a touché le fond absolu. Sa vie était un gâchis, il a été hors de contrôle, il aurait dû mourir… Pour être honnête, il est passé tout près.» Puis, à la première personne:

«Je ne devrais vraiment pas être ici aujourd’hui. Je devrais être mort –six pieds sous terre dans un cercueil en bois. J’aurais dû contracter le VIH dans les années 1980 et être mort dans les années 1990, tout comme Freddie Mercury, tout comme Rock Hudson. Chaque jour, je me demande, comment ai-je survécu?»

Elton John, qui a lancé sa propre fondation pour aider les personnes vivant avec le VIH il y a 20 ans, parlait pour la première fois dans une Conférence mondiale sur le sida. Son discours passionné lui a valu une standing ovation. Il a confié qu’il a été sauvé des profondeurs de sa dépendance par ceux qui s’occupait de lui et qu’il est sobre depuis 22 ans. Il n’a pas seulement parlé de lui mais aussi des moyens à mettre en œuvre pour en finir avec le sida. D’abord, changer le regard et les attitudes envers les malades.

«Chacun a droit la compassion. Chacun a droit à la dignité. Tout le monde, tout le monde, tout le monde mérite l’amour. Pourquoi je vous raconte cela? Parce que la maladie du sida est causée par un virus, mais l’épidémie de sida ne l’est pas. L’épidémie de sida est alimentée par les discriminations, la violence et l’indifférence.»

Pour mettre fin au sida, il faut plus que des moyens financiers et de la science, a-t-il expliqué. Les outils scientifiques maintenant disponibles pour supprimer le VIH ne permettront pas de mettre fin à l’épidémie s’ils ne sont pas disponibles pour toutes les personnes marginalisées et stigmatisées du monde.

«Vous pensez peut-être que je suis un peu naïf. Vous pensez que je délire. Mais même si vos rêves deviennent réalité, même si nous avions un vaccin, cela ne serait pas suffisant. La science peut arrêter la maladie, mais la science seule ne peut pas mettre fin à l’épidémie.»