À la XIXe Conférence internationale sur le sida, ce lundi a été marqué par deux interventions importantes de responsables politiques. Déterminantes même parce qu’elles venaient des deux principaux pays contributeurs au Fond mondial contre le sida: la France et les États-Unis.

Comme je vous l’annonçais dans ma précédente chronique sur Yagg, le président français François Hollande est intervenu ce matin par le biais d’un message vidéo. Le chef de l’État français s’est voulu, à l’image de beaucoup de congressistes,  carrément optimiste, commençant son intervention par «Arrêter l’épidémie du sida dans le monde, c’est possible». Il aurait pu rajouter: c’est maintenant…

Tout en réaffirmant que la France a pris sa part dans l’accès aux traitements, François Hollande a rappelé que notre pays « est le deuxième contributeur financier du Fonds mondial » et que la France «entend poursuivre sa participation et la diversifier». Si jusque là, rien de nouveau, ce qui a marqué les congressistes c’est que le président a rappelé avec force que «nous voulons créer des financements innovants supplémentaires». Ajoutant: «C’est le sens de la taxe sur les transactions financières que mon pays a décidé de mettre en place dès le 1er août 2012». «Au sommet du G20 et de Rio, j’ai proposé d’élargir cette taxe à l’échelle de l’Europe et du monde de façon à ce que nous puissions verser des sommes nouvelles à la lutte contre le sida».

Cette annonce a bien sûr enthousiasmé beaucoup d’entre nous même s’il n’a pas encore été précisé le pourcentage de la taxe sur les transactions financières qui sera effectivement affecté au développement et à la lutte contre le sida.

Autre annonce forte dans la journée, celle du pays qui est le plus gros contributeur financier à la lutte contre le sida: les États-Unis. La secrétaire d’État Hillary Clinton a promis «une génération sans sida» et a d’ores et déjà annoncé plus de 150 millions de dollars supplémentaires de la part des États-Unis. Un bon signal dans un contexte où nombre de pays riches baissent leur contribution au prétexte de la crise économique. Bien sûr, bien des activistes ont  – ils ont tellement été trompés par le passé! – trouvé ces annonces insuffisantes. Ainsi Act Up-Paris, tout en reconnaissant des aspects positifs au nouvel engagement français, a regretté le manque d’engagements clairs sur la question des génériques ou sur des affaires plus françaises comme l’interdiction de soins de conservation pour les morts du sida en France. Ce sera à la ministre de la Santé, qui rencontrera les associations françaises mercredi, de préciser la pensée présidentielle et, je l’espère, de nous rassurer sur la pérennisation des fonds alloués à la lutte contre le sida.

En attendant des promesses importantes ont été faites. Une fois de plus, il faudra être vigilant car avec 35 millions de personnes mortes du sida depuis le début de l’épidémie, il est vraiment temps que les politiques mettent enfin les moyens pour éradiquer ce terrible virus affamé de vie!

Texte et photos Jean-Luc Romero

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