La sociologue turque Pinar Selek sera jugée pour la quatrième fois le 1er août, à 10 heures, par la 12e Haute cour criminelle d’Istanbul, à Çaglayan. Féministe, anti-militariste et pro-LGBT, elle travaille sur les minorités de la société turque. Elle a fuit la justice de son pays qui s’acharne sur elle depuis une quinzaine d’années. En 1998, Pinar Selek a été accusée d’avoir posé une bombe au marché aux épices d’Istanbul. Les experts ont prouvé par la suite que l’explosion avait été provoquée par une fuite de gaz. Arrêtée, torturée, Pinar Selek a été accusée de terrorisme.

La cour d’assises d’Istanbul l’a acquittée par 3 fois en 2006, 2008 et 2011, des jugements à chaque fois cassés. Si la justice s’acharne encore sur cette sociologue, c’est parce que ses travaux dérangent. Pinar Selek a notamment fait des recherches et mené des entretiens auprès des membres du PKK, le parti travailleur kurde.

En France, la Plate-forme «Nous sommes témoins» s’est exprimée à l’annonce de la date de ce nouveau procès: «la prolongation indéfinie de cette affaire est une véritable torture psychologique. Il faut rappeler qu’au cours de la dernière audience de cette affaire tortueuse, le Procureur a asséné un nouveau diktat en requérant une sentence de prison à perpétuité aggravée, considérant le jugement précédent comme “nul et non avenu”. Ce réquisitoire a été accueilli très négativement par les autorités légales et l’opinion publique.

«Nous vivons une période où se multiplient des affaires qui entraînent une grave détérioration de la démocratie en Turquie; cette répression s’opère sous des formes juridiques. Dans un tel contexte, nous sommes conscients qu’il faut s’attendre à de nouvelles tentatives visant à épuiser la résistance de Pınar Selek et à ruiner sa réputation. Plus que jamais, nous croyons dans une solidarité indéfectible et de tous les instants».

Pinar Selek est en exil depuis deux ans et réside actuellement à Strasbourg où elle milite et poursuit ses recherches en attendant l’issue de son procès. Elle encourt la prison à vie. Yagg l’avait rencontrée lors de sa venue à Paris en mars dernier:

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