Du 3 au 7 août, la Pride House de Londres, un lieu de convivialité dédié au sport LGBT, sera ouverte aux visiteurs-trices et aux sportifs-ives: «On pourra y venir visionner les retransmissions, boire un verre. Mais c’est aussi un lieu d’éducation», explique à Yagg Marc Naimark, vice-président des affaires externes à la Fédération des Gay Games, un des partenaires de la Pride House. Les animations se poursuivront jusqu’au 12 août, date de clôture des JO: «Nous aurons des ateliers, des débats, des tournois, une journée jeunesse et aussi des activités hors les murs avec des associations sportives comme Sports England… bref un programme bien garni!»

DEUX EXPOS SUR LE SPORT LGBT
Deux expositions seront présentées au public. La première, «Against the Rules» (Contre Les Règles), est une rétrospective du sport LGBT, à travers les présentations d’organismes et d’événements comme les Gay Games ou les Out Games, mais aussi des portraits d’athlètes out, dont celui de la Française Amélie Mauresmo. La seconde exposition «Fearless» (Sans Crainte) est le travail du photographe Jeff Sheng. Cet artiste a traversé le Canada et les États-Unis pour aller à la rencontre de jeunes sportifs-ives lycéen-e-s ou étudiant-e-s et out dans leur pratiques sportives.

Si vous ne pouvez pas lire la vidéo, cliquez sur Jeff Sheng – Interview about « Fearless » – World News Webcast

DIFFICULTÉS
En mai dernier, les organisateurs-trices ont dû faire face à des difficultés les poussant à annuler la Pride House: «Le projet était passé dans les mains d’un opérateur commercial. Ce n’était pas vraiment notre choix, mais celui du maire de Londres.» A ce moment-là, la FGG n’est pas vraiment impliqué dans le projet, mais un de ses membres, la Pride Sports, participe au volet sport, un aspect «réduit à la portion congrue» selon Marc Naimark: «Il envisageait plutôt un festival de musique et clubbing.» Des plaintes du voisinage aurait aussi participé à cette annulation. «C’est anecdotique, minimise Marc Naimark. Après l’échec de ce projet, nous avons décidé avec Pride Sports de relancer l’initiative, mais de façon plus conforme à notre vision, avec une structure à taille humaine». La Pride House se tiendra finalement à la CA House, sur les bords de la Tamise, à l’Est de Londres. «Même si l’on commence l’ouverture un peu tard, on est très contents d’avoir trouvé ce lieu.»

«LE CIO S’EN LAVE LES MAINS»
Une Pride House avait-elle eu lieu aux derniers JO de 2008? «À Pékin? Non, impossible», répond Marc Naimark. Certains pays accueillant les JO ne sont clairement pas disposés à permettre une manifestation sportive LGBT. De plus, les organisateurs-trices russes de la Pride House rencontrent déjà des difficultés pour les prochains Jeux Olympiques d’hiver qui se tiendront en 2014 à Sochi, en Russie. «Nous soutenons donc un tel projet et souhaitons que le Comité International Olympique agisse pour condamner les obstructions homophobes de la Russie», précise Marc Naimark.

Malgré la réussite de la Pride House de Vancouver en 2010, mettre en œuvre un lieu sportif LGBT en Russie s’avère malheureusement compliqué. «Ce sera plus facile à Rio», affirme Marc Naimark. Il fustige cependant le CIO, qui selon lui ne prend pas ses responsabilités sur les questions LGBT. «Le CIO a beau dire que le sport est un droit humain, il s’en lave les mains. On nous dit que les JO ne pratiquent pas de discriminations mais c’est faux, c’est un non-sens. En ce moment, on discute des moyens pour contourner cette interdiction, mais ce qu’il faudrait vraiment, c’est de ne pas avoir à la contourner.»

VIVRE SON SPORT EN ACCORD AVEC CE QUE L’ON EST
Au regard de ces interdictions, de l’inaction du CIO dans la lutte contre l’homophobie, la tenue d »une Pride House lors des grands événements sportifs apparaît comme une nécessité. «Pourquoi organiser une Pride House? Cela revient à se demander pourquoi on organise des événements sportifs LGBT! Il y a deux volets dans ces actions, explique Marc Naimark, d’abord lutter contre les discriminations, mais aussi parce que le sport fait partie de la société. Cela ne se vit pas de manière isolée. Chacun-e doit pouvoir vivre le sport en accord avec ce qui constitue sa personne… y compris sa sexualité.»

Photo Gay Games

[Gallery not found]