Les calèches de New York sont dans l’œil du cyclone. Les associations de défense des animaux réclament leur disparition, arguant des mauvais traitements subis par les chevaux. Un nouvel argument vient de s’ajouter à la liste: l’homophobie et le racisme de certains des cochers.

Tout est parti d’une vidéo filmée le 23 juin dernier pendant le week-end de la gay pride new-yorkaise. On y voit l’un des cochers insultant un groupe de femmes qui distribuent des flyers sur la façon dont sont traités les chevaux, les traitant de «gouines» et de «nègres»:

Si vous ne voyez pas la vidéo, cliquez sur ‪Horse Drawn Carriage Driver Rant‬

Toujours militante, Martina Navratilova a écrit, en son nom et au nom de l’association PETA (dont les méthodes sont par ailleurs très décriées), à Christine Quinn, porte-parole ouvertement lesbienne du conseil municipal de New York (et favorite dans la course à la mairie de la ville), pour lui demander d’intervenir.

«N’importe quelle personne qui aime les animaux vous le dira, les cochers que vous soutenez crachent leur haine à quiconque exprime son inquiétude envers les chevaux qu’ils obligent à travailler quel que soit le temps et lors du week-end de la gay pride, un de ces incidents a été filmé, écrit l’ancienne championne de tennis dans la lettre que s’est procurée Towleroad. (…) Comment pouvez-vous soutenir une industrie scabreuse qui balance son vitriol raciste et homophobe?»

«De nombreux soutiens de PETA sont homos, dont moi, poursuit-elle. Nous partageons un sens de la responsabilité aigu à combattre le peu de cas que font certains de la souffrance des animaux parce que nous avons été l’objet de ce même peu de cas face aux mauvais traitements auxquels nous avons nous-mêmes été confronté-e-s. (…) Je vous demande donc de soutenir Intro. 86A, un texte qui vise à remplacer ces archaïques calèches par des automobiles respectueuses de l’environnement. (…) Comme le montre le cocher haineux et bigot de la vidéo, tout ce qui touche à cette industrie est resté coincé au XIXe siècle. Aidez-nous à avancer vers un futur plus civilisé.»

Towleroad publie également les 2 lettres que Christine Quinn a écrites après avoir été sollicitées. Dans l’une, elle demande au syndicat des cochers, Teamsters Local 553, d’enquêter sur l’incident et de mettre en place pour tous ses membres une formation contre les discriminations.

Dans sa réponse à Martina Navratilova, l’élue souligne que le comportement du cocher est d’autant plus «inacceptable» que la Ville de New York aide autant que possible la société à bien traiter ses animaux. Elle indique que le syndicat a accepté d’exiger de ses cochers qu’ils soient sensibilisés aux discriminations. Le conseil municipal et le syndicat doivent travailler ensemble, avec une association LGBT, pour mettre en place cette formation.

En revanche, elle maintient que la situation économique ne permet pas l’introduction de voitures électroniques et que le système actuel, avec ses règles de sécurité renforcées en 2010, est un bon compromis, qui permet à la fois de protéger les chevaux et de conserver des emplois dans le secteur du tourisme. Mais elle promet que la Ville de New York se tiendra informée des incidents dans lesquels des chevaux de calèches sont impliqués.