La CGT a publié hier un communiqué de presse appelant les sénateurs/trices à aller «au bout [de leurs] intentions» concernant la modification de l’article L 225.1 qui prévoit d’inclure la transphobie dans les motifs de discrimination du code pénal.

Le syndicat salue cette avancée dans la lutte contre toutes les discriminations, mais souligne aussi l’importance d’une définition précise, notamment quant à la notion d’ «identité sexuelle» qui a d’ailleurs été critiquée par plusieurs associations trans’:

«Nous demandons que la notion de personne trans’ soit précisée afin que l’interprétation faite par les juges n’aboutisse pas à vider la loi de sa substance. Le texte proposé parle de la notion d’identité sexuelle car elle est, selon les rapporteurs des textes, une notion juridique, la notion d’identité de genre étant elle, vue comme une notion philosophique. Si tel était le cas dans le texte définitif, celui-ci serait inopérant pour une partie des personnes trans’.»

Pour la CGT, il est nécessaire que le texte prenne en compte les principes de Jogyakarta. Le syndicat conclut en rappelant que les personnes trans’ attendent aussi d’autres mesures et rappelle les promesses de campagne de François Hollande: «l’adoption de ce texte ne doit pas faire oublier les revendications globales des personnes trans notamment concernant le changement d’état civil qui est encore à ce jour un vrai parcours du combattant. Il reste aussi à inscrire l’identité de genre dans le code du travail comme source de discrimination, conformément aux engagements pris par le Président de la République lors de sa campagne».

L’Association Nationale Transgenre (ANT) a quant à elle signalé par un communiqué de presse que l’Église épiscopalienne américaine venait d’autoriser l’ordination de ministres du culte transgenres. «Ce qu’un épiscopalien américain est capable de faire au sein de son Église, un élu français
est-il incapable de le faire au sein de la République?, s’interroge l’association. L’Église épiscopalienne américaine serait-elle plus ouverte, voire plus “républicaine” que notre Sénat franco-français? Le gouvernement, les ministres et les députés socialistes français ne peuvent-ils pas être aussi ouverts d’esprit qu’un épiscopalien américain? La réponse à ces questions, certes un peu provocatrices, nous la voudrions positive, et nous aimerions qu’elle se traduise rapidement en actes. Dès aujourd’hui, en France, nous voulons que l’identité de genre soit protégée et inscrite clairement dans les lois anti-discriminations de la République!»