Choc est un magazine qui ne recule devant rien pour titiller les bas instincts de ses lecteur/trices. Cette quinzaine, quand le magazine titre en Une sur «Football et homosexualité: Choc brise le tabou», on peut s’attendre au pire.

Les rédacteur/trices cultivent l’ambiguïté: si le dossier dénonce l’homophobie dans le football, le titre de la couverture «choc» parle bien d’homosexualité.

Après des articles sur des pigeons de combat, une professeure perverse, des photos de reins pourris par le soda, des Chinois-e-s qui cuisinent du chien et démembrent des bébés, les secrets des bars à hôtesses du 16e… vous arriverez en page 48 à un dossier sur les homos dans le football qui apparaît presque comme une respiration.

Les journalistes rappellent que Justin Fashanu fut le seul professionnel du championnat britannique à avoir fait son coming-out en pleine carrière, et qu’il en a payé le prix fort, puisqu’il avait fini par se suicider.

Dans le chapô, le coming-out est évoqué ainsi: «De plus en plus de sportifs professionnels passent à confesse…» Choc pense-t-il donc que l’homosexualité est péché?

Dans le dossier, les rédacteur/trices évoquent le bisou sur la joue entre Olivier Giroud et Mathieu Debuchy, les rumeurs sur l’homosexualité de Yoann Gourcuff, les coming-outs du basketteur John Amaechi et du rugbyman Gareth Thomas

Jusqu’à la fin, l’article du magazine trash navigue entre dénonciation de l’homophobie (voire de «l’hétéro-normalisation») du monde du foot et formules douteuses… Ainsi les propos homophobes de Louis Nicollin sont condamnés de la sorte: «Espérons que nous n’aurons bientôt plus à entendre des propos tels que ceux tenus par le président du club de football de Montpellier». Mais le dossier se conclut par un appel à chanter ensemble We Are The Champions de Freddy Mercury, «qu’on ne saurait traiter de tafiole», d’après la rédaction de Choc…

On notera également que le dossier intitulé «football et homosexualité» n’évoque pas une seule fois le foot féminin et les lesbiennes. Le magazine préfère s’intéresser aux femmes, là aussi entre attraction et répulsion, dans le rôle de prostituées ou de mauvaises mères…

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