Rue89 publie aujourd’hui la traduction d’un témoignage paru dans The American Prospect, celui d’un homme envoyé par ses parents suivre une thérapie pour soigner son homosexualité durant son adolescence. Il a donc passé plusieurs années auprès du Dr. Joseph Nicolosi, psychologue et président de la National Association for Research and Therapy of Homosexuality (Narth). À travers son expérience personnelle, il raconte la peur et l’ignorance de ses parents, la souffrance engendrée par la culpabilité et l’homophobie intériorisée, mais aussi l’essor des groupes ex-gays américains et leur reconnaissance dans les médias, qui leur a permis d’acquérir une certaine respectabilité aux États-Unis. Un témoignage bouleversant qui révèle les dommages catastrophiques de ces thérapies soi-disant réparatrices.

Extraits:
«Ma mère m’a alors demandé si je souhaitais fonder une famille un jour, et puis m’a posé cette question: “S’il existait une pilule qui pourrait te rendre hétéro, est-ce que tu la prendrais?” J’ai admis que les choses seraient plus simples si une telle pilule existait. Jusque là, je n’avais jamais réfléchi aux implications que mon attrait pour les garçons allait avoir sur le reste de ma vie. En fait, je m’étais toujours imaginé, arrivé à l’âge de 40 ans, marié à une femme, avec un fils et une fille – mais c’est le cas pour tout le monde, non?»

«Après cet échange seul à seul, j’ai rejoint d’autres patients pour une thérapie de groupe. J’étais de loin le plus jeune. Les autres, quatre ou cinq en tout, avaient entre 40 et 60 ans, et parlaient de leurs années passées à suivre “le mode de vie homo”, ce qui n’avait fait que les rendre malheureux. Ils voulaient des vies normales, accomplies. Ils en avaient assez de fréquenter les discothèques, de prendre de la drogue, de multiplier les partenaires ou d’entamer des relations amoureuses qui ne durent jamais. Ils se plaignaient de l’obsession de la jeunesse qui imprégnait la culture gay. Si c’était ça, être homo (et comme ils avaient trente ans ou plus d’expérience, je leur faisais confiance à ce sujet), alors moi aussi je voulais être normal. J’ai quitté le bureau avec un exemplaire du livre de Nicolosi le plus récent, Healing Homosexuality (“Soigner l’homosexualité”) et une brochure qui répartissait différentes émotions entre deux rubriques: le “vrai moi” et le “faux moi”.»

«À la fin de ma dernière année au lycée, Nicolosi a eu une ultime conversation avec mes parents et leur a dit que le traitement avait été un succès: “Votre fils ne vivra jamais comme un homo”, leur a-t-il assuré. Quelques semaines plus tard, notre femme de ménage m’a surpris avec un garçon dans le jardin. C’était la fin de la thérapie pour moi.»

À lire sur Rue89.

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