Louis-Georges Tin et les deux autres militants du Comité Idaho ont décidé d’arrêter samedi 14 juillet leur grève de la faim. C’est après un malaise dans la soirée du vendredi 13 juillet que l’ami de Louis-Georges Tin a emmené ce dernier aux urgences de l’hôpital Saint-Antoine. Les médecins ont diagnostiqué une déshydratation sévère. Les complications, notamment rénales, de cette grève de la faim pouvant se révéler dramatiques, Louis-Georges a décidé d’arrêter sa grève de la faim et a demandé aux deux autres militants, Usaam Mukwaya et Alexandre Marcel, de faire de même. Nous avions interviewé le vendredi matin Louis-Georges, qui, bien que très affaibli, se disait déterminé.

«CE N’EST PAS UNE DÉFAITE POUR NOUS»
Joint par téléphone cet après-midi, Louis-Georges Tin se dit amer: «Ce n’est pas une défaite pour nous, mais pour celles et ceux qui sont en prison». Il fustige les associations qui ont critiqué non pas son action, mais sa stratégie pour obtenir que la France s’engage à proposer une résolution pour la dépénalisation de l’homosexualité. «Ce sont les mêmes qui en 2008 critiquait la démarche de Rama Yade pour une déclaration à l’Onu… avant de reconnaître un peu plus tard qu’elle avait eu raison. Ils reproduisent les mêmes erreurs aujourd’hui.»

UNE COLÈRE FROIDE CONTRE LE QUAI D’ORSAY
Louis-Georges fait montre d’une colère froide quand il s’agit d’évoquer l’attitude du Quai d’Orsay. Depuis le départ de Rama Yade en 2010, on assiste selon lui à un long déclin de la diplomatie française et l’arrivée de Laurent Fabius n’a rien changé.

«Je constate que le Quai d’Orsay est dur avec les militants homos et mou avec les gouvernements homophobes.»

Preuve, pour ce militant, du désengagement français, le Fonds de soutien international s’est vu doté par Laurent Fabius, nouveau ministre des Affaires étrangères, d’une enveloppe financière de 25000€ (le même montant que sous le précédent gouvernement) quand son homologue américaine Hillary Clinton, donne 3 millions de dollars (soit 2,5 millions d’euros) pour un fonds similaire.

DES MILLIERS DE MESSAGES D’ENCOURAGEMENT
Le Comité Idaho réfléchit aujourd’hui à une nouvelle stratégie d’action pour mettre cette question de la résolution au cœur des urgences. Louis-Georges a cependant un motif de satisfaction: «Nous avons reçu des milliers de message d’encouragement d’anonymes, mais aussi de personnalités. Cela montre que nous avions eu raison d’alerter».