Samedi 7 juillet, les rues du Mans, de Marseille et de Londres ont été investies par les gay prides.

Au Mans, Olivier Châble, chargé de relation presse tourisme et patrimoine pour la municipalité, raconte à Yagg: «C’était une Lesbian & Gay Pride pluvieuse mais heureuse, avec plus de 2000 personnes et 7 chars. Parmi les marcheur/euses, il y avait les députées socialistes Marietta Karamanli, membre de la commission des lois, et Françoise Dubois, ainsi que le maire Jean-Claude Boulard (qui fut l’élève de Jean-Louis Bory) avec des adjoint-e-s du Front de Gauche et d’Europe Écologie-Les Verts. Il y avait aussi les militant-e-s d’Homodonneur, Amnesty International, Aides… ainsi que d’autres associations et de nombreux/ses marcheur/euses non affilié-e-s à une organisation… Le festival Culture Pride continue avec une conférence du photographe Ferrante Ferranti le 11 juillet.»

À Marseille, entre 15000 et 25000 personnes (selon les chiffres de la police transmis par la LGP) se seraient rassemblé-e-s lors d’une gay pride 2 en 1: la Lesbian & Gay Pride était suivie par la Marche pour l’Égalité. La cohabitation n’a pas été franchement harmonieuse. Gilles Dumoulin, président de la Lesbian & Gay Parade, raconte: «Le départ a été très difficile. Le service d’ordre de Tous&Go a voulu empêcher la Lesbian & Gay Pride de partir devant. Après une négociation avec les forces de l’ordre, nous avons pu partir en premier… Au cours de la marche, le cortège de Tous&Go a tenté de nous doubler pour arriver premier, ce qui a créé un mouvement de foule assez dangereux.» Selon Gilles Dumoulin, des divergences de fond séparent les 2 organisations: «Nous sommes une marche LGBTQI, alors que la Marche pour l’Égalité est une marche généraliste». Comme il nous l’annonçait avant la marche, il regrette le parcours emprunté: «On n’a dérangé personne, on n’avait pas une grande visibilité… Il n’y avait personne sur les trottoirs sur les Prados».

Élisabeth Ronzier, présidente de SOS homophobie, qui était présente dans le défilé, n’a pas été atteinte par ces dissensions: «Les problèmes entre les 2 structures ne se voyaient pas de l’extérieur, il y a eu un mouvement uni. Une vingtaine de militant-e-s de SOS homophobie était présente en dress code fuchsia. Les passant-e-s ont réagi positivement au passage du défilé. Un adhérent de SOS homophobie Marseille m’a confié qu’il était agréablement surpris de cette visibilité LGBT dans les rues de sa ville, une visibilité qu’il trouve trop rare au quotidien», relate la responsable associative.

Gilles Dumoulin se réjouit par ailleurs de la présence d’élu-e-s dans le cortège de la LGP: «Marie-Arlette Carlotti, la ministre déléguée chargée des personnes handicapées, était présente à mes côtés en tête de cortège. Il y avait aussi Dominique Vlasto, 2e adjointe au maire de Marseille et députée (UMP) au Parlement européen, Henri Jibrayel, député socialiste, et Eugène Caselli, président (PS) de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole».

À Londres, c’était la World Pride. Vincent Autin, président de la LGP Montpellier et membre de la délégation française, raconte sa marche à Yagg: «Une ambiance bon enfant et militante sous quelques ondes éparses. Il s’agit d’une parade, ce qui peut être surprenant pour un Français: la foule est massée de part et d’autre du cortège, derrière des lignes de sécurité. Les gens nous applaudissaient et saluaient la présence d’une délégation française… Nous avons été super bien accueilli-e-s, notre présence a été très appréciée de la communauté internationale…». En ce qui concerne les problèmes logistiques dénoncés par Peter Tatchell, Vincent Autin répond: «Nous n’avons rien vu de dramatique, il n’y a pas eu de couac… Il y avait énormément de monde…».

La yaggeuse anmariveteuse était présente, et elle a rapporté de belles photos à voir sur son blog L’almanach des dames. Parmi les marcheur/euses présent-e-s, elle a notamment photographié des Chrétien-ne-s, des Juif/ves, des travaillistes, des féministes, des libéraux/les-démocrates, des bisexuel-le-s, des asexuel-le-s, des avocat-e-s et des salarié-e-s out des supermarchés Tesco.

Le soir, dans le quartier de Soho, où Peter Tatchell annonçait des foules en colère de ne pouvoir boire dans la rue, Vincent Autin a vu une atmosphère très bon enfant. «Il pleuvait, ça a permis à chacun-e de se rafraîchir !». D’ores et déjà, le militant associatif se prépare à l’Assemblée Générale de l’InterPride World à Boston en octobre, en vue de la prochaine World Pride, en 2014 à Toronto.

Photos Capture d’écran