Le «non à l’ouverture du mariage» du jour vient de Valérie Pécresse, députée des Yvelines et ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et ex-ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

«C’est un sujet sur lequel j’ai beaucoup travaillé puisque j’étais le rapporteur de la mission Famille il y a 6 ou 7 ans au Parlement. Moi, c’est la méthode de François Hollande que je mets en cause sur cette question, a-t-elle affirmé dans Interactiv’, sur France Inter ce matin. Sur ces questions qui sont des sujets de société, je pense qu’il faut mener, comme pour l’emploi, une grande concertation. Je pense qu’il faut entendre tout le monde, les associations représentantes des droits des homosexuels mais les représentants des cultes, les représentants des familles philosophiques, les associations de juristes et d’avocats. Pourquoi?

«Parce que je crois que derrière le mariage, il n’y a pas seulement le droit à la reconnaissance de l’amour des couples de même sexe, je pense qu’il y a une institution, avec les fondements de la famille, donc le droit à l’enfant (sic), l’héritage etc.

«Donc toutes ces questions-là doivent être examinées. Quelles vont être les conséquences de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe? Et je pense que ces conséquences, c’est l’égalité des droits du droit à l’enfant. Donc l’adoption bien sûr mais aussi peut-être l’ouverture de la procréation médicalement assistée, mais aussi la possibilité d’avoir recours à des mères porteuses. Toutes ces questions doivent être posées et on doit savoir exactement ce que le gouvernement de M. Hollande nous propose. Moi personnellement je ne suis pas favorable à aller aussi loin.»

«Donc vous dites non?», lui demande Pierre Weill. «Je dis que je voudrais savoir ce que le gouvernement Hollande nous propose et je voudrais surtout qu’on examine toutes les conséquences de ce qu’il nous propose.

«Moi je l’ai fait, j’ai examiné l’ensemble de ces conséquences, et ma réponse a été clairement non, parce que ça allait trop loin, ça bouleversait les équilibres de la société française.»

À partir de 17’16:

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Rappelons que Patrick Bloche, président de la mission à laquelle fait allusion Valérie Pécresse, avait refusé de voter ce rapport, publié en 2006 et disponible sur le site de l’Assemblée nationale, ne partageant «ni l’analyse qu[‘il] fait des évolutions de notre société, ni les conséquences juridiques qu’il en tire».

Photo Capture (2009)