Pour la première fois, la mairie de Saint Pétersbourg avait donné son feu vert pour qu’une gay pride puisse avoir lieu, une décision surprenante au regard de la loi homophobe passée en vigueur en mars dernier criminalisant toute action des associations LGBT. Prévue pour le samedi 7 juillet, la gay pride devait se tenir de 11h30 à 14h30 au parc Polyustrovsky, un lieu choisi par la mairie, après qu’elle a refusé les propositions des militant-e-s. «C’est une décision historique, avait rappelé le militant moscovite Nikolai Alexeev à l’AFP, toutes les marches précédentes ayant été organisées sans autorisation.»

Dans le Saint Petersburg Times, le militant de l’association Ravnopraviye (Egalité) Yury Gavrikov rapporte que la mairie et les administrations des districts de la ville ont été beaucoup moins catégoriques que les années précédentes: «Tous les refus étaient sur la base de raisons techniques, explique-t-il. Il n’y a pas eu de réponses négatives comme l’an dernier où, pour à peu près tous les lieux que nous avions proposés, une cour de récréation, une aire de vélos pour les enfants, ou une sortie pédagogique avaient été des motifs de refus.»

REVIREMENT
Cependant, les autorités viennent de faire machine arrière et ont retiré leur autorisation: «L’événement vient d’être couvert aujourd’hui par les médias et la mairie de Saint Pétersbourg a refusé de donner la permission maintenant qu’ils savent que c’est une tentative de gay pride», explique Antoine Coutin, militant à l’association saint-pétersbourgeoise Vykhod.

Ce revirement de situation apparaît comme un coup dur pour les militant-e-s russes. «En ce qui concerne l’état d’esprit à Vykhod, il est détendu, ils rigolent un peu, mais ils ont peur que ce genre d’action ne décrédibilise un peu plus la cause et qu’ils ne puissent pas recevoir de permissions dans le futur», raconte à Yagg Antoine Coutin.

RASSEMBLEMENT NON-AUTORISÉ
Malgré tout, les militant-e-s vont tenter d’organiser une manifestation. «C’est à double tranchant explique sur son blog Antoine Coutin: si on a l’autorisation de la ville, on fait une action éloignée des centres villes, mais il y a au moins la police qui protège. S’il n’y a pas d’autorisation, on s’expose à de forts risques de violences.» Pour le moment, le lieu et l’heure de ce rassemblement non-autorisé n’est pas encore connu.

Lire le blog d’Antoine Coutin