Et un nouveau coming-out, un! Cette fois-ci, c’est au tour de la chanteuse jamaïcaine Diana King – à qui l’on doit les tubes Shy Guy ou Ain’t nobody. Dans une longue note de blog intitulé « Oui!! Je suis lesbienne », l’artiste, dont les chansons sont inspirées par un mélange de reggae, de ragga et de r’n’b,  évoque sans détour sa fierté d’être qui elle est, ses craintes de sortir du placard en raison de l’homophobie dans son pays natal, les liens entre l’oppression dont les noirs ont été victimes et celle qui touche les homos. Voici quelques extraits de ce coming-out fort, émouvant et non-dénué d’humour.

« Mon nom est Diana Eugena King, connue de la plupart comme Diana King, mes fans m’appellent KingSinga. Je suis une femme, une mère, une tante jamaïcaine, américaine, une artiste internationale, chanteuse, compositrice, leader d’un groupe, une amie, une amante, une entrepreneure, une déesse, entre autres choses et oui!! Je suis une lesbienne… en réponse à la question indirecte qu’on me pose le plus souvent! »

« Je réponds maintenant, non pas parce que ce sont les affaires de qui que ce soit, mais parce que c’est en phase avec mon âme et je crois qu’en ne répondant pas ou en le cachant pendant toutes ces années, cela pourrait en quelque sorte laisser croire que j’en ai honte ou que je considère cela comme mauvais. Je ne pense aucune de ces choses… ou je me serais fait pousser les cheveux. Blague à part, je suis quelqu’un qui aime garder sa vie privée, mais parfois il faut savoir sortir de sa zone de confort pour grandir »

Pour être honnête, j’ai toujours eu peur de l’admettre ouvertement en raison des aspects négatifs que cela pourrait apporter à ma carrière, à ma famille ou aux gens que j’aime. (…) Cette peur profonde que j’ai eue, en particulier que mon peuple jamaïcain me juge et ne m’accepte pas à cause de son homophobie a été un lourd fardeau. Je porte très haut les couleurs de mon pays. (…) Mais je me demande si Jamrock aurait été aussi fier de moi s’ils avaient connu la vérité au moment du succès de «Shy Guy». Donc, bien que je sois une femme du monde, qui vit avec ses gros sacs dans différents pays, semaine après semaine, mois après mois, la Jamaïque est restée dans ma tête avec un grand amour et une peur absolue. La dure réalité est que les gens comme moi sont persécutés, battus, emprisonnés, violés et assassinés chaque jour juste pour être qui ils sont, ou simplement pour être suspectés de l’être. C’est ce que j’ai pu constater en grandissant à Spanish Town et en vivant à Kingston et cela me flanquait une peur bleue. J’avais hâte de me sortir de là. (…) « 

« J’ai beaucoup de respect et une admiration profonde pour tous ceux qui ont fait leur coming-out avant moi, qu’ils soient morts ou vivants. […] J’aurais pu rester en sécurité et cachée, mais pour moi, cela signifierait que tous ceux qui sont morts juste parce qu’ils étaient comme moi sont morts en vain. Tout comme les noirs qui sont morts pour que je puisse avoir les opportunités et les droits que j’ai aujourd’hui (et si vous pensez qu’aucun d’entre eux n’était gay ou lesbienne, vous vous trompez lourdement). Mais si je n’avais pas profité ou si je ne profitais pas des libertés qu’ils m’ont données et que je ne portais pas ce flambeau et cette connaissance avec dignité, que je ne leur montrais pas ma reconnaissance et mon respect, que je ne faisais pas la part qui me revient en vivant une vie qui les rendrait fiers, cela reviendrait à leur cracher à la figure. (…) Il n’y a pas si longtemps, je n’aurais pas pu aller à l’école et encore moins à l’université. J’aurais peut-être été autorisée à chanter pour eux, mais pas à les toucher. Le micro que j’aurais utilisé aurait été jeté et j’aurais probablement dû bien écarter les jambes avant de pouvoir être payée une petite part de ce que ce je méritais, ou même rien du tout. »

« Nous sommes partout et nous sommes tout le monde, que vous le reconnaissiez ou non. Nous sommes les  gens que vous aimez et dont vous ne pouvez pas vous passer. Nous vous apportons de la joie et nous vous divertissons. Certains d’entre vous se sont même mariés et ont fait l’amour sur nos chansons, répétés nos mots ou accrochés nos œuvres dans leurs foyers. Nous mettons au monde vos bébés, nous sauvons vos vies dans les hôpitaux et dans les guerres. […]  Nous sommes vos voisins, vos amis et vos familles. […] Et si vous décidez de ne plus m’aimer, sachez que rien ne m’empêchera de vous aimer. « 

 

La vidéo de Shy Guy

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur : Diana King – Shy Guy by djoik

Ain’t nobody

http://www.dailymotion.com/video/x1scui_ain-t-nobody-diana-king_music?search_algo=1

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Diana King: Aint Nobody

Vous voulez raconter votre coming-out? C’est possible sur ce blog spécialement dédié.