C’était un peu la fête le 1er juillet à Bayreuth. Et pour une fois, Richard Wagner n’était pas dans le coup: il faudra qu’il attende l’an prochain, pour le 200e anniversaire de sa naissance. Nous y reviendrons, bien sûr. Non, ce jour-là, on célébrait l’inscription du bel opéra baroque de la ville sur la liste du Patrimoine mondial.
Il a fallu qu’un déplacement me conduise à Nuremberg pour que je me rende enfin pour la première fois à Bayreuth. Bien sûr, cela faisait longtemps que j’y songeais, non pas tant pour le Festival (je crois que c’est très compliqué) que pour découvrir les lieux.

L’ÉQUIPE ME FAIT PARTAGER SA JOIE
Une très belle journée de juin, une petite heure de train et m’y voici. Et tout d’abord le bel opéra baroque de Wihelmine. Il n’y a pas d’autre visiteur et la charmante équipe d’accueil, toute à moi, m’avait fait partager sa joie de la probable inscription du lieu sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. L’opéra des margraves va donc rejoindre le Grand Théâtre de Bordeaux.

L’Unesco a justifié sa décision par le fait que l’opéra de Bayreuth est «un des plus importants témoins architecturaux de la société absolutiste du XVIIIe siècle, conservé dans sa forme et son état originels». L’opéra des margraves a échappé aux bombardements de 1945 qui ont détruit une bonne partie de la ville. La charmante dame qui me fait la visite m’explique que par miracle, le seul obus tombé sur le toit n’a pas explosé.

UNE RÉNOVATION QUI VA COÛTER 19 MILLIONS D’EUROS
Le souhait de l’Allemagne d’obtenir le classement de l’opéra de Bayreuth ne date pas d’hier. Le Parlement bavarois, dans cette perspective, avait d’ailleurs récemment voté un budget de 19 millions d’euros pour sa rénovation totale, qui devrait durer jusqu’en 2016. Mais «l’Allemagne se trouvant, avec 36 lieux classés au Patrimoine mondial, parmi les cinq premiers pays, est appelée à limiter ses demandes et n’obtient en règle générale le classement que d’un seul endroit par an», a récemment expliqué à l’AFP Dieter Hoffenhäusser, porte-parole de la Commission allemande.

PETIT BIJOU BAROQUE
Ce petit bijou baroque fut construit entre 1744 et 1748 par Joseph Saint-Pierre sous le règne de la Margravine Wilhelmine, la sœur de Frédéric II de Prusse, souveraine brillante et éclairée, amie de Voltaire, qui nous a laissé des mémoires pleins d’esprit, de beaux tableaux, quelques pièces de musique et même un opéra, Argenore, dont voici l’ouverture :

Si vous ne pouvez pas voir la vidéo ci-dessus, cliquez sur Princess Friederike Sophie Wilhelmine: Argenore Overture

En mai 1748, Wilhelmine écrit à son frère: «J’ai été voir ces jours passés la nouvelle maison d’opéra dont j’ai été charmée, elle est presque finie en dedans. Bibiena (le créateur des décors) a rassemblé dans ce théâtre toute la quintessence du goût italien et du goût français et il faut lui rendre la justice que c’est un grand homme dans son métier».

L’opéra des margraves fut en son temps la plus grande salle d’opéra allemande: avec sa scène de 27 mètres de profondeur, c’était encore le cas en 1871 lorsque Wagner décida de construire son propre théâtre d’opéra à Bayreuth. Mais là, c’est une autre histoire!
Lire aussi sur le blog JEFOPERA: Une journée à Bayreuth.

 

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