L’Agence américaine du médicament (FDA) a approuvé le 3 juillet un autotest oral salivaire du VIH qui permet aux utilisateurs de connaître leur statut sérologique en quelques dizaines de minutes. Après des décennies de controverse, souligne le New York Times, les Américains vont pouvoir savoir, sans recours à un intermédiaire, s’ils sont infectés.

«UN PAS EN AVANT POSITIF»
Selon Anthony Fauci, un chercheur très investi dans la lutte contre le sida, ce nouveau test représente «un pas en avant positif» qui, selon le New York Times, permettrait de contrôler l’épidémie. Le test est déjà utilisé dans des services de santé et par des médecins.

MISE EN GARDE
En France, les avis sont aussi partagés sur les autotests. L’association Warning y est plutôt favorable et dans un avis du Comité national d’éthique (CNE) datant de 2004, les experts soulignaient les avantages de ce type de tests: diagnostic plus précoce, respect de la confidentialité, responsabilisation de la vie sexuelle. Mais selon le CNE, les problèmes éthiques et médicaux ne plaidaient pas en faveur de la mise à disposition des autotests.

La même année, le Conseil national du sida (CNS) publiait un avis mettant en garde contre l’utilisation de ces tests, qu’on peut facilement se procurer sur internet. Le CNS expliquait ainsi: «Cette technique dite d’autotest, outre sa faible valeur diagnostique, ne peut pas s’inscrire dans une politique globale de prévention. De plus, elle laisse dans la solitude les personnes confrontées à la découverte de résultats positifs en ne favorisant pas leur prise en charge médicale et sociale, et elle fait courir des risques d’utilisation abusive et contraire aux droits des personnes. Au-delà des autotests pour le VIH, les objections émises dans cet avis pourraient s’appliquer à d’autres autotests.»

FIABILITÉ DU TEST
L’argument principal des opposants concerne la fiabilité du test. Les chercheurs ont constaté que le test à domicile est fiable à 99,98% chez les gens qui n’ont pas le virus. Par comparaison, sa fiabilité est de 92% pour détecter ceux qui l’ont. Un des problèmes majeurs est la fenêtre de séroconversion, cette période entre le moment de la contamination et le développement des anticorps dirigés contre le VIH, qui sont détectés par le test. Cette période peut durer jusqu’à trois mois.

Le New York Times s’est livré à un savant calcul de probabilité: une personne sur 5000 pourrait avoir un test faussement négatif mais une personne sur 12 pourrait avoir un test faussement positif.

L’autotest oral salivaire, commercialisé par OraSure Technologies, devrait être disponible en octobre dans 30000 pharmacies, épiceries et sur des sites marchands aux États-Unis. Le prix n’est pas encore fixé mais il devrait, selon le New York Times, être plus élevé que celui qui est déjà proposé aux médecins (17,50$).

Et vous, que pensez-vous des autotests? Répondez aux questions ci-dessous:

Êtes-vous favorable à la commercialisation des autotests en France?

  • Oui (58%, 62 Votes)
  • Non (32%, 34 Votes)
  • Ne sait pas (9%, 10 Votes)

Nombre de votes: 106

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Si vous avez répondu «oui», pour quelle raison principale?

  • Je trouve ça plus pratique que d'aller chez le médecin ou dans un labo (75%, 47 Votes)
  • J'ai envie de savoir tout de suite (25%, 16 Votes)

Nombre de votes: 63

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Si vous avez répondu «non», pour quelle raison principale?

  • Le résultat d'un test doit toujours être délivré par un professionnel (65%, 26 Votes)
  • Je n'ai pas confiance dans la fiabilité du test (35%, 14 Votes)

Nombre de votes: 40

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Pensez-vous que la commercialisation des autotests pourrait avoir un impact positif sur l'épidémie?

  • Oui car plus de personnes se feront testées et auront accès aux soins (57%, 54 Votes)
  • Non cela ne changera rien (23%, 22 Votes)
  • Ne sait pas (20%, 19 Votes)

Nombre de votes: 95

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