Richard Isay, psychiatre et psychanalyste de renom ouvertement gay et militant pour la cause homosexuelle, est mort le jeudi 28 juin d’un cancer, à l’âge de 77 ans, rapporte le New York Times.

Il s’était battu pour que l’homosexualité ne soit plus considérée comme une maladie mentale, et avait, tout au long de sa carrière, aidé ses patients à accepter leur orientation sexuelle. Il avait notamment étudié les liens entre homophobie intériorisée et dépression.

À la fin des années 1970, au terme d’une psychanalyse, Richard Isay, médecin psychiatre, marié et père de deux garçons, prend conscience de son homosexualité. Petit à petit, il assume son orientation sexuelle au sein de sa profession, et écrit des livres sur le sujet. En 1980, il annonce également son homosexualité à son épouse Jane, mais reste marié avec elle jusqu’en 1989.

Le New York Times rapporte que certains de ses confrères/consœurs hétéros n’appréciaient pas de le voir assumer son homosexualité lors de conférences, ont arrêté de lui envoyer leurs patient-e-s, et lui ont conseillé de se faire soigner lui-même.

Dans les années 1990, Richard Isay, soutenu par l’American Civil Liberties Union (ACLU), met la pression sur l’American Psychiatric Association (APA) pour qu’elle s’engage à ne pas discriminer les homosexuel-le-s. En 1997, l’association devient la première organisation nationale du milieu de la santé mentale à soutenir le mariage des couples de même sexe.

En 2011, Richard Isay a épousé l’artiste Gordon Harrell, dans l’appartement d’un de ses fils à Manhattan. Gordon et Richard s’étaient rencontrés en 1979. Un des petits-fils de Richard était témoin au mariage.

Richard Isay était également engagé dans la lutte contre le VIH. Aux côtés du centre de santé communautaire Callen-Lorde, il mettait en garde la communauté gay sur l’utilisation de crystal meth, qui selon lui favorisait la prise de risques sexuels. À l’université de Columbia, il faisait partie d’une équipe de recherche pluri-disciplinaire qui travaille notamment à la santé des personnes séropositives. Sur le site du New York Times [en].

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