Pour donner une meilleure visibilité à leurs actions, les associations qui luttent pour la réintégration des homosexuels et des bisexuels au don du sang ont décidé de regrouper leurs forces sous le même collectif. Nommé Les 25000 Donneurs, un nom choisi pour rappeler le nombre d’hommes potentiellement exclus du don du sang, le collectif réunit donc Act Up Sud-Ouest, Arc-en-Ciel Toulouse, Good As You 82, le collectif HOMODONNEUR, Pourquoi Sang Priver?, SOS homophobie et le collectif Tous Receveurs Tous Donneurs.

AIDES NE SE JOINT PAS AU COLLECTIF
Sollicitée pour soutenir et rejoindre le collectif, l’association Aides a décliné l’invitation. Dans la réponse de Bruno Spire datée du 25 mars 2012 et adressée au collectif HOMODONNEUR, le président de l’association explique la position de Aides. Une lettre qui sonne comme une explication sur la discrétion de Aides sur ce sujet sensible. «Le seul fait d’être gay ou d’avoir eu au cours de sa vie une relation sexuelle entre hommes est un critère d’exclusion permanent, ressenti à juste titre comme discriminant pour la communauté», reconnaît dès le départ l’association. Un peu plus loin, Bruno Spire explique que «Aides a toujours dénoncé le fait que le questionnaire utilisé traduit une stigmatisation d’un groupe humain, au lieu de s’intéresser aux risques pris par la personne».

«PAS CONSCIENCE DU RISQUE»
Sur ce point, l’association semble en accord avec le collectif des 25000 Donneurs, qui explique que ce sont les pratiques à risques qu’il faut écarter du don du sang et non les personnes en fonction de leur orientation sexuelle. Mais c’est un peu plus loin dans la lettre, que Aides justifie son refus de rejoindre le collectif: «Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, le risque résiduel de transmettre le VIH chez une personne ayant un test négatif reste plus élevé dans la population homosexuelle masculine. (…) Le problème des risques, c’est qu’ils ne sont pas forcément là où on l’on s’y attend. Des personnes peuvent déclarer ne pas prendre de risques alors qu’elles n’ont simplement pas pris conscience de ce risque.»

Par la suite, Aides met en avant que d’autres critères entrent en ligne de compte pour pouvoir donner son sang et laisse entendre que ceux-là ne sont pas montrés du doigt comme des éléments discriminants. Pour l’association, «le don du sang n’est pas fait pour démontrer l’égalité des droits».

La première action des 25000 Donneurs aura lieu jeudi 14 juin à Paris, sur le parvis de la gare Montparnasse, à l’occasion de la Journée mondiale des donneurs de sang: information et sensibilisation des passant-e-s et des donneurs-euses, ainsi qu’un «blood-in» pour appeler à la fin de l’exclusion des gays, une mesure jugée discriminatoire.

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