Cela fait plus de 30 ans que Cornelius Rogge tente de lever le voile sur les castrations qui auraient été opérées sur des mineurs dans des internats catholiques dans les années 1950. Si l’affaire a mis si longtemps à sortir, c’est peut-être parce que le directeur de l’un de ces internats est un ancien Premier ministre, Vic Marijnen.

C’est une enquête publiée ce week-end par le quotidien néerlandais NRC Handelsblad qui a enfin révélé ces agissements. L’article se concentre sur l’histoire d’Henk Heithuis, un orphelin qui a porté plainte pour abus sexuel contre les prêtres de la congrégation des Frères d’Amsterdam en 1956. La plainte est enregistrée, le garçon envoyé dans une autre institution, la maison Padua. Les prêtres, estimant qu’il est homosexuel, demandent sa castration pour le «guérir de sa maladie».

Henk Heithuis avait 20 ans au moment de sa castration, il était donc mineur et l’opération était illégale. Le jeune homme a tenté en vain d’en obtenir réparation. Il est mort en 1958 dans un accident de voiture.

Tout ce qu’Henk Heithuis a subi, il l’a raconté dans des lettres à Cornelius Rogge, qui a notamment communiqué les informations dont il disposait à la commission Deetman, créée en août 2010 pour enquêter sur les scandales de pédophilie dans l’Église catholique néerlandaise. Dans son rapport rendu en décembre 2011, la commission n’évoque pas ces mutilations, par «manque de preuves». «Henk m’a dit que le jour où il a été castré, plusieurs garçons attendaient leur tour dans le couloir», raconte Cornelius Rogge au NRC Handelsblad.

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