Jeudi 9 février, l’antenne parisienne du Refuge recevait George Pau-Langevin, chargée des questions sociétales dans l’équipe de campagne de François Hollande, accompagnée de Gilles Bon-Maury, lui-même chargé des questions LGBT pour le candidat PS. L’objectif de l’échange: faire connaître les propositions de François Hollande aux jeunes du Refuge, mais aussi que ces futur-e-s électeurs/trices fassent part de leurs expériences et de leurs problèmes aux deux politiques.

Une nouvelle fois, le Refuge a exprimé son inquiétude face à la récupération politique du droit au mariage et à l’adoption, qui selon l’association empêche les politiques de voir le problème de l’homophobie et du suicide chez les jeunes LGBT. Gilles Bon-Maury a répondu que «si le message de l’égalité des droits n’est pas donné, on ne va pas réussir à faire en sorte que l’homophobie recule».

Au-delà des questions du mariage et de l’adoption, de nombreux autres sujets ont été abordés avec George Pau-Langevin, comme les rapports difficiles avec la police, que de nombreux jeunes du Refuge ne voient pas comme une instance prête à les protéger, mais au contraire mal préparée à les recevoir. Selon l’élue PS, ce sont les associations qui peuvent apporter une aide concrète. En outre, la mise en place de formations pour sensibiliser les fonctionnaires aux problèmes de l’homophobie s’imposent aussi comme une nécessité pour la députée PS, qui désigne le dialogue et la pédagogie comme de vrais moyens de lutte contre l’homophobie.

«On est dans une société sévère pour la place qu’elle fait à ses jeunes, a expliqué George Pau-Langevin. Quand on est jeune, aujourd’hui, on voit des tas de portes fermées. On a des problèmes pour accéder à une formation, à un emploi, à une vie autonome.» Pour elle, les problèmes des jeunes du Refuge ne sont donc pas si éloignés de ceux de la majorité des 18-25 ans en France. La députée s’est d’ailleurs prononcée pour la création d’allocation d’autonomie destinée à cette tranche d’âge afin de favoriser l’insertion.