Dans un long entretien à paraître ce vendredi 10 février dans Le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy confirme qu’il n’est pas favorable à l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. Après des mois de bruits de couloir laissant entrevoir une évolution favorable à l’égalité des droits pour les LGBT (lire Nicolas Sarkozy: «oui» au mariage des couples de même sexe ou à l’union civile?), la montagne accouche donc d’une souris.

«CES TEMPS TROUBLÉS»
Pour justifier son refus, le chef de l’État convoque l’unité de la nation, ou presque: «En ces temps troublés où notre société a besoin de repères, affirme-t-il, je ne crois pas qu’il faille brouiller l’image de cette institution sociale essentielle qu’est le mariage». Il revient également sur la promesse non tenue de 2007 du contrat d’union civile: «Nous ne l’avons pas mis en œuvre parce que nous nous sommes rendu compte qu’il était inconstitutionnel de réserver ce contrat aux seuls homosexuels (…). Ce contrat d’union civile aurait porté atteinte à l’institution du mariage. Cependant, j’ai veillé à garantir aux homosexuels les mêmes avantages en termes de succession et de fiscalité qu’aux couples mariés, mais dans le cadre du pacs.»

Quant à l’ouverture de l’adoption pour les couples homos, c’est «l’une des raisons pour lesquelles je ne suis pas favorable au mariage homosexuel, explique Nicolas Sarkozy. Il ouvrirait la porte à l’adoption (…) Je sais qu’il existe, de fait, des situations particulières avec des hommes et des femmes qui assument parfaitement leur rôle parental. Mais elles ne m’amènent pas à penser qu’il faudrait inscrire dans la loi une nouvelle définition de la famille».

RÉACTION DE L’ADFH
Sur ce dernier point notamment, l’Association des familles homoparentales (ADFH) a réagi: «Les juges accordent aujourd’hui des délégations de partage d’autorité parentale aux couples de même sexe parce que le législateur est au abonné absent sur le sujet. Ne pas prendre en compte la diversité familiale, c’est ne pas être en mesure de représenter tous les Français et leurs enfants». «L’image de cette institution essentielle qu’est le mariage, c’est celle de la France d’aujourd’hui, celle d’une France qui se déclare majoritairement favorable à l’ouverture du mariage pour tous, poursuit le communiqué. Réserver l’accès d’une institution sociale en fonction de l’orientation sexuelle, c’est s’éloigner à grands pas de l’égalité et de la République. Alors si Nicolas Sarkozy a une vision brouillée de la France, peut-être devrait-il songer à corriger son défaut rapidement avant que les Français ne s’en chargent».