Alors que la rencontre entre une quarantaine d’associations et la Direction générale de la santé le 10 janvier dernier n’avait apporté aucun résultat concret en faveur de la levée de l’interdiction des soins funéraires aux personnes séropositives, les choses semblent aujourd’hui s’accélérer.

À l’occasion de ses vœux à la presse, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand a affirmé hier vouloir «faire évoluer très vite et dans les semaines qui viennent les dispositions qui concernent les soins funéraires pour les victimes du sida, pour les victimes d’hépatite.» Le ministre a par ailleurs exprimé son désaccord avec la mise à l’écart des gays concernant le don du sang, tout en expliquant que « les choses n’étaient pas faciles, mais que là aussi la situation actuelle ne [lui] donne pas satisfaction». Une prise de position qui n’est pas nouvelle, mais qui ne s’est jamais transformée en acte.

PRUDENCE
Opportunisme à des fins électoralistes ou véritable volonté de lever une loi confondant précaution sanitaire et entretien de la stigmatisation? Dans un communiqué, Jean-Luc Romero, président d’Élus locaux contre le sida appelle donc à la «prudence», tant à plusieurs reprises, les associations ont dû faire face à des engagements non tenus: «Alors que la période préélectorale est propice aux promesses, écrit-il, les acteurs de la lutte contre le sida seront extrêmement attentifs à la réalisation de celles-ci»

Dans un communiqué commun, Actions traitements, Act Up-Paris, Aides, Élus locaux contre le sida, Sidaction et Unals accueillent «favorablement l’engagement de Xavier Bertrand» et «attendent la seule concrétisation possible de cet engagement: la levée de l’interdiction» des soins funéraires pour les personnes séropositives, tout en rappelant «aux défenseurs de l’interdiction des soins funéraires au nom de la sécurité des thanatopracteurs, que c’est l’amélioration de la formation et des conditions de travail des thanatopracteurs qui assurera leur protection face à l’ensemble des risques biologiques».

VŒU AU CONSEIL DE PARIS
Quant au conseiller de Paris Ian Brossat, qui s’était déjà adressé au ministre il y a quelques semaines, il présentera avec les élus du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche un vœu lors du prochain Conseil de Paris, les 6 et 7 février prochain, demandant que le maire de Paris interpelle Xavier Bertrand pour qu’il aille au bout de ses engagements.