La mairie de Paris et le Comité Régional du Tourisme ont décidé de donner un coup de pouce au tourisme LGBT dans la capitale. Parce que s’il n’y a pas péril en la demeure, les touristes LGBT semblent préférer des destinations comme Berlin, Barcelone ou Bruxelles.

« Lorsque nous avons travaillé sur le schéma régional du tourisme, nous avons constaté que Paris reste la première destination touristique mondiale, explique Franck Contat, responsable de l’aménagement du territoire et volontaire sur ce dossier. Les monuments ne vont pas s’en aller, Euro Disney non plus, pas plus que la capacité hôtelière et bien d’autres choses qui font l’attrait de la ville et de sa région. Il est donc probable que cette place soit confortée dans les 50 prochaines années. Si l’on regarde secteur par secteur en revanche, nous sommes en concurrence avec de nombreuses villes. C’est le cas du tourisme d’affaires ou du tourisme de loisirs. Dans ces deux cas, Paris n’est pas loin du podium. Sur la niche du tourisme LGBT, c’est pire: nous avons disparu des radars. » Et pour cause, « il n’y a pas de politique LGBT en Île de France. Ça commence à peser. »

Aussi le Comité Régional du Tourisme et la mairie de Paris ont-ils décidé de prendre le taureau par les cornes, réunir plusieurs professionnels du tourisme LGBT le 10 janvier dernier pour leur délivrer le message suivant: « Unissez-vous et nous vous aiderons ».

Laurent Queige, membre du cabinet de l’adjoint au tourisme de Paris, a expliqué qu’il s’était adressé il y a quelques années au Sneg, en espérant que ce dernier pourrait organiser une mobilisation de ses membres. Faute de temps et de moyen, le syndicat n’a pas pu assumer cette mission. Les volontaires sont donc invités à s’organiser eux-mêmes, comme ont pu le faire les professionnels de la mode au sein de Paris capitale de la création ou ceux de la nuit au sein de Nuit vive.

« Ici à Paris, il y a tout ce qu’il faut pour faire venir les touristes LGBT: des établissements, des soirées, des lieux d’hébergements, poursuit Franck Contat. Nous offrons notre aide [logistique et financière], mais c’est aux professionnels du secteur de se bouger. »

Certains participants ont rappelé les difficultés qu’ils avaient parfois avec les différentes mairies d’arrondissement, la Préfecture du police ou plus généralement le « mille-feuilles administratif ». Raison de plus pour s’unir leur a répondu en substance le représentant de la ville de Paris. Tous en tout cas se sont montrés intéressés par la démarche et une nouvelle réunion a été fixée au 25 janvier. Affaire à suivre, donc.