En trente ans d’épidémie, la vie des personnes vivant avec le VIH a considérablement évolué. D’une maladie grave et mortelle à court ou moyen terme, la séropositivité est aujourd’hui sous contrôle grâce aux traitements. Mais parfois, les personnes atteintes ont du mal à investir ou réinvestir une vie sociale, affective, amoureuse et sexuelle. C’est pourquoi l’action qu’entreprend David Friboulet, avec le soutien de Sidaction, est à saluer. À partir de la fin janvier, il va animer des ateliers collectifs à Paris centrés sur la vie affective et sexuelle des séropositif-ve-s. Animateur en éducation thérapeutique et psychanalyste, David Friboulet a bien voulu répondre nos questions.

Pourquoi proposez-vous ces ateliers sur la vie affective et sexuelle des séropositifs? Ces ateliers prennent place dans le cadre d’un programme d’éducation thérapeutique, c’est-à-dire d’un espace d’accompagnement offert à des personnes pour apprendre à mieux vivre avec le VIH dans tous les domaines de la vie dont le champ capital de la vie affective et sexuelle, car le VIH reste une pathologie qui se transmet sexuellement et la séropositivité affecte souvent la vie affective et sexuelle.

Quels besoins avez-vous identifiés pour préparer ces ateliers? Beaucoup de personnes témoignent d’une difficulté à aller vers l’autre autant par la peur ou l’expérience du rejet que par la peur de contaminer l’autre ou de ne plus se penser digne d’amour et d’affection. Le but de ces ateliers est de pouvoir réinvestir la question de l’estime de soi et de s’essayer à aller vers l’autre, à travailler sur ses craintes, ses freins, dans un environnement protégé mais proche de la vraie vie. Les nouvelles donnes sur le traitement comme prévention permet d’envisager plus sereinement le rapport à l’autre et le regard sur soi.

Quel est le public visé? Toute personne vivant avec le VIH et suivie ou non à l’Institut Fournier. Il suffit de prendre rendez-vous avec moi au standard de l’Institut Fournier pour un entretien d’information sur les ateliers [voir infos pratiques en fin d’article]. Deux groupes d’une dizaine de personnes vont se tenir, un groupe pour les homosexuels masculins et un groupe d’hétérosexuel-le-s.

Comment allez-vous garantir la confidentialité des échanges? Comme dans tout groupe, les échanges seront soumis à la confidentialité et à la discrétion des participant-e-s, ce qui se dira sera soumis au principe de non jugement, les membres du groupe sont là pour s’aider. Chaque groupe est co-animé par un-e patient-e issu-e de l’association de lutte contre le VIH Actif Santé et moi-même, nous sommes soumis à une charte de déontologie et de confidentialité à disposition de chaque participant-e qui le souhaite.

Quelles sont les thématiques que vous allez aborder? Chaque groupe est appelé à se réunir entre 5 et 6 fois en tout. Chaque session se tiendra le mercredi de 18h30 à 21h à l’Institut Fournier et abordera un thème proposé comme l’estime de soi, l’impact de la séropositivité sur celle-ci, dire ou pas sa séropositivité et comment, travailler sur des colères qui rongent, s’affirmer face à l’autre. La dernière session sera consacrée aux questions d’ordre médical en présence d’un médecin spécialiste du VIH de l’Institut Fournier.

Allez-vous laisser aux participants la possibilité de décider de thèmes supplémentaires? Il y a toujours possibilité de traiter d’un thème apporté par un-e participant-e dès lors qu’il a rapport avec la question de la vie affective et sexuelle. Le groupe va indiquer ses priorités lors de la première session. Mais il ne s’agit pas de groupes de paroles mais d’ateliers de travail thématiques, la parole restera libre autour des thèmes travaillés.

Les ateliers collectifs se tiennent à l’Institut Alfred Fournier: 25 boulevard Saint-Jacques, 75014 Paris. Métro ligne 6: Glacière ou St-Jacques, RER ligne B: Denfert-Rochereau, Bus n°21: Arrêt Glacière, Bus n°38: Arrêt Denfert-Rochereau. Informations au 01 40 78 26 00.