Colloque-FSGLLa Fédération sportive  gaie et lesbienne (FSGL) organise, en partenariat avec les universités de Lyon I et Montpellier I, un colloque international dont le thème est «Sportifs homosexuels et homosexuels sportifs: l’homophobie en question!». Autour de 4 axes – les homosexuel-le-s vu-e-s par le monde sportif; jeux et enjeux du corps; les femmes et le sport; les spécificités du sport LGBT –, la parole sera donnée à des universitaires, des sportifs/ves amateur-e-s et professionnel-le-s, des membres d’associations LGBT, des élu-e-s, notamment au cours de tables rondes (programme).

À deux jours du colloque, Christelle Foucault, présidente de la FSGL, en explique les objectifs et évoque la lutte contre l’homophobie dans le monde du sport.

Quels seront les points forts de ce colloque? Nous avons souhaité confronter à la théorie de la recherche la réalité du terrain. Les interventions académiques seront donc complétées par des tables rondes dont l’objet est d’offrir un retour d’expériences, de pratiques, opérées dans des milieux variés en confrontant les points de vue sur le sujet.

À qui s’adresse-t-il? L’objectif de ce colloque est avant tout de faire un état des lieux. Il fait suite à un colloque qui avait eu lieu en 2006 à Lyon et intervient 2 ans après le lancement de la Charte contre l’homophobie par Rama Yade, 1 an après l’affaire Yoann Lemaire, ce footballeur amateur qui s’est vu refuser une licence de football dans son club après avoir annoncé son homosexualité, 6 mois après l’installation du comité de lutte contre les discriminations par Chantal Jouanno et l’obligation imposée à toutes les fédérations de signer la charte…

La question que l’on nous pose souvent, à nous, FSGL, est «Où en est-on de l’homophobie aujourd’hui?». Ce colloque s’adresse donc à tous ceux qui s’intéressent au sport, que ce soit en tant que simple pratiquant ou professionnel, le sport en tant qu’outil d’éducation, de vecteur d’intégration, de lieu d’échanges, de vivre ensemble. Le sport nous concerne tous, que l’on soit spectateur ou acteur. Ce qui se passe sur les terrains, dans les stades, dans les vestiaires est affaire de société et d’éducation. Cela concerne donc tout le monde.

Concrètement, donc, où en est-on, en France, de la lutte contre l’homophobie dans le sport? On en a beaucoup parlé lorsque Rama Yade était secrétaire d’État aux Sports, le travail s’est poursuivi, peut-être plus discrètement, avec Chantal Jouanno. En voyez-vous les fruits? Je vous invite bien évidemment à venir assister au colloque pour avoir les réponses à vos questions. Mais en quelques mots, des choses ont été faites et la plus significative est sans doute à mettre au crédit de Rama Yade puisque c’est elle qui a donné à la Charte contre l’homophobie un réel écho. Mais effectivement, les choses semblent se prolonger  du côté de la direction des Sports du ministère des Sports (organe opérationnel du ministère). J’avais d’ailleurs été très marquée lors de mes rencontres au ministère suite à ma prise de fonctions, depuis début 2011, par l’empreinte laissée par Rama Yade. Elle était encore très présente dans le discours des officiels du ministère et la volonté était vraiment de prolonger cette action. Cela a été fait sous Chantal Jouanno avec une autre arme, qui est celle de la contrainte financière. Compte tenu de l’inertie de certaines fédérations, je dirais que tous les moyens sont bons… mais il est encore trop tôt pour en récolter les fruits. Bon nombre de dossiers sont en cours et à suivre.

En quoi organiser ce type de conférence entre-t-il dans le rôle d’une fédération comme la vôtre? La vocation de la FSGL est avant tout de lutter contre les discriminations, toutes les discriminations, par la pratique sportive. Mais pour cela, son champ d’action ne se limite pas à l’organisation de manifestations sportives. Nous le faisons, aussi, avec notamment le Tournoi international de Paris qui réunit chaque année à Paris plus de 1500 participants dont 35 % d’étrangers venus en découdre au cours d’un tournoi multisports européen qui propose une quinzaine de sports. Et nos associations adhérentes organisent elles aussi des événements sportifs internes ou dans leur région.

Mais le rôle de la Fédération, qui regroupe donc plus de 30 associations sur le territoire national, est aussi d’être un peu plus militant au nom des associations et de donner une vraie visibilité à cette pratique sportive qui a beaucoup évolué ces dernières années. En effet, les clubs ne sont plus des ghettos pour homos qui veulent faire du sport ensemble par peur du danger extérieur mais des lieux d’échanges ou chacun a pris conscience qu’on ne ferait pas changer les mentalités en faisant du sport «entre nous». Alors oui, comme participer aux travaux menés par le ministère dans le cadre de cette lutte contre les discriminations incombe à la Fédération sportive gaie et Lesbienne (parce qu’il est plus facile d’avoir un interlocuteur que 30), l’organisation d’un événement intellectuel et militant comme ce colloque l’est naturellement aussi. Pour faire encore une fois bouger les lignes et faire évoluer les mentalités. Nous proposons donc au grand public de venir à notre rencontre.

Le colloque sur Paris by Yagg: vendredi 2 et samedi 3 décembre. Bénédicte Mathieu, qui tient notamment la chronique Terrains de Jeux sur Yagg, animera la table ronde «Les associations sportives LGBT sont-elles encore nécessaires?» samedi de 12h à 13h.

Entrée gratuite (inscription sur le site de la FSGL).