La chasse aux «homosexuels» continue au Cameroun. Après la condamnation de Jonas, 19 ans, Franky, 20 ans et Hilaire, la quarantaine, à cinq ans de prison ferme pour «homosexualité», le 22 novembre dernier, deux jeunes de 21 et 24 ans ont été arrêtés à Yaoundé pour le même motif et placés en garde à vue mercredi dernier, alertent les associations Alternatives Cameroun et Humanity First Cameroon dans un communiqué commun.

DÉNONCIATION ET GUET-APENS
D’après le communiqué, l’un des deux jeunes hommes, Depadou N aurait été victime d’un guet-apens organisé par un dénonciateur en compagnie de deux agents de police en civil. Lors de sa garde à vue, Depadou N aurait cité le nom de Pierre Arno, à son tour arrêté par les forces de police. Les associations, «révoltées» et «indignées», font remarquer que ces arrestations sont basées «sur une dénonciation et non pas sur le flagrant délit comme l’exige l’article 347 bis qui pénalise l’homosexualité au Cameroun».

Concernant la condamnation de Jonas, Franky et Hilaire, Amnesty International réclame aux autorités camerounaises la libération immédiate des deux hommes et l’annulation du verdict pour les trois condamnés (un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre d’Hilaire). «La Cour doit annuler ce verdict choquant, qui condamne trois hommes sur la seule base de leur orientation sexuelle», indique le communiqué, cité par l’AFP.