Elle l’a déclaré récemment à la télévision, Christine Boutin est partie en «guerre» pour sauvegarder «la morale». Du coup, quand la marque de textile italien Benetton sort une campagne de publicité montrant des chefs d’État, mais aussi le pape Benoît XVI et l’imam de la mosquée Al-Azhar du Caire Mohamed Ahmed al-Tayeb, unis dans un baiser passionné (lire Le Vatican n’aime pas l’humour fraternel de la campagne de Benetton), la présidente du Parti chrétien démocrate dégaine aussi sec.

Peu importe que la marque ait annoncé dans la foulée le retrait de la publicité litigieuse. En bon petit soldat du Vatican (elle est aussi consulteur du Conseil pontifical pour la famille), Christine Boutin se déclare choquée par la «provocation» de Benetton et entonne son refrain préféré, celui d’une société en perte de repères. «Benetton s’était un peu calmé et voilà ça recommence», a-t-elle déploré sur Europe 1, ajoutant la phrase qui tue: «Figurez-vous que je suis allée la semaine dernière acheter deux robes chez Benetton», mais désormais, «ça suffit, il faut boycotter Benetton».

Benetton, spécialiste de la provocation? Christine Boutin connaît son sujet. Au fil des ans, la députée des Yvelines est devenue le fer de lance de la droite traditionaliste, notamment à force de coups médiatiques contre les LGBT. Ainsi, quand elle brandit la Bible à l’Assemblée nationale en plein débat sur le pacs en 1999 ou déclare que «les civilisations ayant reconnu l’homosexualité ont connu la décadence», elle sait qu’elle fera le buzz. Bref, si Benetton a réussi son coup de pub, Christine Boutin a également réussi le sien.

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